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Claude-Pierre PAJOL

dimanche 1er mars 2009, par Thierry Choffat

Claude-Pierre Pajol (ou Pajot) est issu d’une famille originaire de Nozeroy dans le Jura. Son père André Joseph (1746-1811) est procureur au Parlement de Besançon puis commissaire à la poste aux lettres sous l’Empire. Le jeune Pajol commence à étudier le droit à Besançon avant de s’engager dans le régiment national de Besançon en août 1789. Il gravit immédiatement tous les grades, devenant sergent-major des grenadiers en 1791, sous-lieutenant puis lieutenant l’année suivante.
Capitaine en 1794, aide de camp de Kléber, chef de bataillon en 1796, chef de brigade colonel au 6e Hussards en 1803, Pajol est désigné pour assister au sacre de Napoléon le 2 décembre 1804. Général de brigade en 1807 puis de division en 1812, un des premiers barons de l’Empire le 19 mars 1808 puis comte en 1813 le bisontin, avait épousé le 31 mars 1808 à la mairie de Pont-Saint-Maur (Seine), Marie-Louise, âgée de 17 ans, fille du futur maréchal Nicolas Charles Marie Oudinot (1767-1847), duc de Reggio.

Pajol s’illustre en Autriche (1805 puis 1809), Pologne (1807), Russie (1812) et Saxe (1813). Surtout, il se fait remarquer lors de la campagne de France, notamment à la bataille de Montereau, ce qui lui valut le surnom de « héros de Montereau ». Napoléon dit alors de lui : « Il n’y a plus que Pajol dans mes généraux pour savoir mener de la cavalerie », ajoutant à l’intention de Pajol : « Je suis content de vous. Si tous mes généraux m’avaient servi comme vous, l’ennemi ne serait pas en France ». L’empereur devait encore avoir en mémoire la bataille de Wachau (an XIII) où voyant Pajol à terre quasiment mort, il lui avait dit : « Mon cher Pajol, je fais une grande perte que je ne remplacerai pas ». Pajol avait survécu et, tout au long de sa brillante carrière, n’eut pas moins de douze chevaux tués sous lui. Fait comte par Louis XVIII, il rallie Napoléon au retour de l’île d’Elbe.
Pair de France lors des Cent-Jours, il commande le 1er corps de cavalerie légère dans l’armée du maréchal Grouchy. Il s’empare de Charleroi, sert à Ligny puis à Wavre. Après la seconde abdication de l’empereur, il quitte l’armée, ne redevenant pair de France puis gouverneur de Paris que sous Louis-Philippe. Il est mis en disponibilité en 1842 à l’âge de 70 ans.
Moins de deux ans plus tard, le 20 mars 1844, Pajol décède à Paris des suites d’une chute. Ses deux fils seront généraux sous le Second Empire, l’aîné Charles Pierre Victor Pajol (1812-1896) étant de surcroît un sculpteur réputé, auteur entre autres de la statue de Napoléon à Montereau et de celle de son père à Besançon (monument place Chamars volé par les Allemands en 1942).

Une biographie du général PAJOL est attendue prochainement. Son auteur, le journaliste MOINEAU et Gérard TISSOT-ROBBE présenteront donc cette personnalité de l’Empire à Nozeroy le 6 mars prochain.