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Montbéliard, le développement de la ville au fil des siècles

dimanche 4 avril 2010, par Mitch

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« Dieu seul est mon appuy », la devise de Montbéliard

Connaissez-vous la genèse de Montbéliard ?
En voici les grandes lignes, avec quelques dates clés.

Montis Beligardae, au Xe siècle

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La plus ancienne trace écrite que nous ayons de Montbéliard (Montis Beligardae, dans la chronique de la vie de Saint Valbert, abbé de Luxeuil) remonte à l’an 989 et évoque un « oppidum fortifié ».

La topologie du site offre des avantages précieux à cette époque :

  • l’éperon rocheux offre un poste d’observation naturel ;
  • les deux cours d’eau qui l’entourent et se rejoignent (la Lizaine qui vient du nord et l’Allan qui vient de l’est) assurent une certaine protection naturelle.

Un édifice fortifié est construit à l’extrémité de l’éperon rocheux, à l’opposé de l’actuel Château des Ducs de Wurtemberg.

Au Moyen-Âge

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Au XIe, la place forte se développe, avec :

  • un second château (le « châtel derrière »), dont une partie constitue le bas de l’actuelle tour Henriette ;
  • l’église Saint-Pierre ;
  • des habitations.

Au XIIe siècle, la ville se développe au pied du « châtel devant » (vers l’actuelle rue de Belfort).
Le bourg est entouré de remparts fortifiés et de fossés où coule l’eau des rivières, détournée par des canaux de dérivation.
En 1141, l’ancien monastère Saint-Pierre construit à proximité du château devient la collégiale Saint-Maimboeuf.

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De par sa position géographique, entre Vosges et Jura, Montbéliard est sur une route commerciale importante, et la ville va connaître un essor démographique important.
Ainsi, dès le XIIIe siècle, la ville s’agrandit côté nord : entre les actuels boulevard de Lattre et rue de la Schliffe. La place Saint-Martin accueille alors une église, ainsi que la maison commune.
Un hôpital est construit en 1248, au sud-ouest de la ville (près de l’actuel pont Bermont).

1283 est une date importante : Montbéliard obtient sa charte de franchise. Par cet acte, Renaud de Bourgogne, seigneur règnant sur la Comté, accorde aux habitants le droit de s’administrer eux-même, comme ce sera le cas de Belfort en 1307. C’est le début d’une période de prospérité.

En 1397, Henriette d’Orbe, héritière du Comté de Montbéliard, est fiancée à Eberhardt IV de Wurtemberg. Cet acte va rattacher notre Comté au Duché de Wurtemberg pour près de 4 siècles.

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Au XIVe siècle, l’entrée ouest de la ville s’impose comme le quartier commercial, avec la construction des Halles. Déjà à cette époque, l’actuel faubourg de Besançon était un axe majeur d’accès à la ville.

Le coeur historique de la ville est tracé.

L’inflluence de Frédéric 1er

Frédéric 1er de Wurtemberg règne à partir de l’an 1561. Il va faire de Montbéliard une ville importante, faisant venir des savants comme Jean Bauhin et surtout un architecte allemand nommé Heinrich Schickhardt qui laissera sa marque dans la ville.
Le Comte veut affirmer le Luthéranisme comme religion d’Etat, et il l’officialise par une ordonnance en 1588. L’église Saint-Martin est démolie pour être remplacée par le temple que nous connaissons, sous la direction de Schickhardt.
Voulant promouvoir l’éducation, le Comte commande également à Schickhardt la construction d’un collège universitaire, dont une partie sera remplacée par l’actuelle église Saint-Maimboeuf.

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Dès le tout début du XVIIe siècle, la principauté de Montbéliard est une terre d’accueil pour les protestants, alors persécutés dans plusieurs pays d’Europe dont la France. Un nouveau quartier voit alors le jour pour accueillir ces populations : c’est la Neuve-ville, située à l’ouest de la ville, entre l’Allan et la Citadelle.
Parmi ces populations, les anabaptistes mennonites vont s’installer un peu à part, sur les hauteurs de l’actuelle Petite Hollande. Ils seront à l’origine de la sélection de la fameuse race bovine Montbéliarde.

L’occupation française

La guerre de 30 ans marque un coup brutal au Pays de Montbéliard qui, après avoir résisté aux assauts des troupes suédoises, subit la peste (1635) et les épidémies, perdant la moitié de sa population.
Les troupes de Louis XIV prennent l’Alsace en 1668, la Franche-Comté en 1674, puis occupent le comté de Montbéliard de 1677 à 1698.

Après ces périodes troubles, pendant lesquelles Montbéliard a vu son développement ralenti, la prospérité revient dans le Pays de Montbéliard. Il y a de grandes terres agricoles (propriétés, le plus souvent, des familles anabaptistes), un artisanat très actif, des forges qui s’agrandissent à Audincourt, Frédéric Japy fabrique ses premières montres, et des corporations (les chonffes) pour réglementer les différents corps de métiers.

Le démantellement de ses murailles permet à la ville de s’agrandir. L’hôtel Sponeck, le corps du château et l’hôtel Beurnier Rossel sont construits pendant ce XVIIIe siècle.
Le 23 août 1769, Georges Cuvier voit le jour à Montbéliard, au 22 rue sur l’eau. Il sera l’un des plus grands naturalistes qui soient, et le père de la paléontologie moderne.

Le rattachement à la France

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le Château des Ducs de Wurtemberg

Montbéliard est spectateur de la Révolution de 1789, mais la fermeture des frontières avec la France isole et affame le comté. Les commerçants et industriels oeuvrent pour l’abolition des corporations qui les étouffent et de la douane qui les prive d’un marché.
Lorsque les soldats de la Révolution arrivent aux portes de la ville, ils peuvent l’annexer sans heurt. Le Pays de Montbéliard est rattaché à la France le 10 octobre 1793.
Le développement du Pays de Montbéliard va repartir de plus belle, entre une agriculture toujours très active et un artisanat dynamique, précurseur de l’industrie à venir.

L’industrialisation

Dans la première moitié du XIXe arrivent deux avancées majeures pour l’époque et pour la ville : le chemin de fer et le canal du Rhône au Rhin.
Ils accompagnent le début d’un essor industriel incroyable, qui se poursuivra au XXe siècle avec bien sûr l’installation des usines Peugeot sur une plaine aux portes Est de la ville.
Avec un afflu massif de populations venues y trouver du travail, Montbéliard explose littéralement et s’étend sur les hauteurs qui avoisinent le centre-ville : c’est la naissance des quartiers de la Citadelle (1932), de la Chiffogne (1955), de la Petite Hollande (1965), des Grands Jardins (1967)...


P.-S.

En 1950, en mémoire des 4 siècles de gouvernance commune entre nos des régions, la ville de Montbéliard est jumelée avec celle de Ludwigsburg.
Seulement 5 ans après la seconde guerre mondiale, c’est le premier jumelage franco-allemand.