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, par  Murie, Thier

- DAUBOT(TE) : (adj. et n.) Simple, un peu idiot, mais pas méchant. "Il est complètement daubot". S’emploie aussi comme substantif. Ex. "Le Christian ? mais c’est un vrai daubot !"
- Étym. incert. De l’anc. fr. dauber, blanchir, du lat. dealbare, p.-ê. via le prov. dalbar ; ou bien, dans le sens de "frapper", du francique *dubban. Ou alors, d’après Dauzat, forme locale de adouber (13e s., même racine francique), au sens de "malmener", attesté chez Molière en 1662.

- DAUBOTTE : (n. f.) Tourterelle.

- DADOULET : (n. m.) Nigaud.
- Orig. Probablt. forme rég. de dadais.

- DÉBOUCHER (SE) : (v. pron.) Se découvrir (au lit). Ex. "Ne te débouche pas trop, tu vas prendre froid".

- DÉBOURRER : (v. tr.) Éplucher le maïs.
- Orig. Ôter la bourre, ou la "barbe" du maïs.

- DÉBRINGUENAUDÉ : (p. p.) Débraillé.
- Étym. P.-ê. du gaul. *brinos, bâton, verge, qui a donné brin, bringue, et une série de mots débutant par "bri(m)b-...". Influence poss. de baguenauder (?).

- DÉCHAULER : (v. tr.) Enlever la cupule. "La grosse noisette jaune déchaulée".
- Orig. V. CAULE.

- DÉCHAUMER : (v. intr.) Procéder à un labour léger après la moisson.
- Orig. Débarrasser la terre du chaume.

- DÉCONNAÎTRE : (v. tr.) Distinguer."On ne les déconnaît pas (en parlant de jumeaux)".

- DÉDEVENIR : (v. intr.)
1. Végéter. Ex. "Il ne grandissait plus, il dédevenait".
2. Vieillir. Ex. "On voit bien qu’elle n’a plus sa tête. C’est tout de même triste de dédevenir".

- DÉFAIRE (SE) : (v. pron.) Se déshabiller.

- DÉFERMER : (v. tr.) : Ouvrir. Ex. "J’entends le chat qui gratte : vas-donc défermer la porte".
- Orig. Du préf. dé- et du v. fermer. Forme attestée en français classique.

- DÉFEUILLER : (v. intr.) Perdre ses feuilles. "Les arbres commencent à défeuiller".

- DÉFOUILLLER : (v. tr.) Effeuiller, enlever les feuilles. Ex. "Au cours des veillées, on défouillait le maïs".

- DÉFRUITEMENT (CHEMIN DE) (n. m.) : Chemin de défrichement.
- Étym. de défruit, usage, jouissance des produit de la terre.

- DÉMARIER : (v. tr.) Éclaircir les semis, les plantations.

- DÉMÊLER : (v. tr.)
1. Délayer. Ex. "On mélange les gaudes avec de l’eau, on les démêle".
2. Trier, répartir selon la grosseur par exemple. Ex. "As-tu fini de démêler les pommes de terre ?" (70).

- DEMEURANCE : (n. f.) Lieu de séjour. Ex. "Le bois de demeurance de mes parents".

- DÉPÊCHER VITE (SE) : (loc. v. pron.) Se dépêcher. Ex. "Dépêche-toi vite, tu veux être en retard !"

- DÉPORTER : (v. tr.) Rayer, supprimer. Ex. "Inscrit par erreur, je me suis fait déporter", c’est-à-dire rayer de la liste.

- DÉPURER : (v. intr.) Suinter, dégouliner. Ex. "Ôte-moi voir ce parapluie de là, tu vois bien qu’il dépure sur le plancher".
- Étym. Anc. fr. purer, nettoyer (lat. purum > purare). Employé également au sens de presser les légumes, passer au crible.

- DEPUIS : (prép.)
1. De, du (sens spatial) Ex. "Il est tombé depuis le clocher".
2. Depuis le temps où (suivi d’un adjectif avec verbe sous-entendu). Ex. "Je la connais depuis toute jeune".

- DÉROBE-VIN : (n. m.) Trappe dans la cuisine. "Parfois, on peut descendre directement de la cuisine dans la cave par une trappe : c’est le dérobe-vin".

- DÈS NOUS : (loc.) Dès notre arrivée. Ex. "On se mettait à table dès nous".

- DESSORTIR : (v. intr.) Sortir de. Ex. "Veux-tu bien dessortir de là, espèce de murie ?"

- DESSERRER (SE) : (v. pron.) Faire de la place. Ex. "Viens donc t’asseoir vers moi, je veux me desserrer un peu"

- DÉTETTER : (v. tr.) Être sevré. "Il n’est encore pas fini de détetter qu’il court déjà les filles".

- DÉTOURNER : (v. tr.)
1. Empêcher quelqu’un de faire quelque chose . Ex. "Je ne regrettais plus que la pluie m’ait détourné d’aller à la pêche".
2. Mettre de côté, réserver. Ex. "On détournait les œufs de la semaine sainte et spécialement ceux du Vendredi Saint". "On n’a pas encore détourné le journal" = On ne vous l’a pas encore mis de côté (70)
3. Dérober. Ex. "Elle a détourné un panier de raisin pour s’acheter un bonnet".
4. Découvrir le lieu de reposée d’un animal et en marquer l’enceinte. Ex. "Les gardes viennent annoncer qu’ils avaient détourné un grand vieux loup en forêt".

- DEUX (LES) : (loc.) Tous les deux. Ex. "On est allé au cinéma tous seuls les deux, la Denise". "On a mangé les deux Françoise" (sous-entendu Françoise et moi).

- DEVANT : (n. m.) Tablier.

- DEVENIR : (v. intr.) Revenir. "Es-tu allé à Besançon ? J’en deviens".

- DEVINOTTE : (n.f) Petite histoire en forme de devinette.

- DIABLE (DU) : (interj.) Très utilisée pour accentuer une exclamation. Ex. "Du diable si je n’en ai pas senti le froid dans le dos".

- DIAICHOTTE : (n. f.) Jeune fille (Région de Montbéliard)
- Syn. gachotte, gaichotte.
- Étym. V. gaichotte.

- DIALE L’AIPOI ! : (loc. interj.) Expression marquant la colère ou le dépit "Diale l’aipoi ! j’ai laissé sauver le lait !" (Surtout dans le pays de Montbéliard)
- Orig. Forme locale de "Diable la poix" = "Diable ! quelle poisse !"

- DIFFÉRENT (PAS) : (loc. adj.) Sympathique, pas prétentieux. "Elle est bien polie, pour une Parisienne, pas différente pour un sou."

- DIFFICILE (AVOIR) : (loc.) Ne pas pouvoir facilement. Ex. "J’ai bien difficile à comprendre ce qu’il dit".
- Anton. : Facile (avoir)

- DÎNER : (n. m.) Repas de midi.
- Orig. Forme encore vivante en franche-Comté et en Suisse, du vieil usage français où l’on déjeunait le matin, on dînait à midi et où l’on soupait le soir.

- DISCONTINUER : (v. intr.) Cesser. "Il a plu sans discontinuer".

- DIX-HEURES (FAIRE LE) : (loc.) Prendre le casse-croûte de la matinée. On dit aussi "faire les dix-heures".
- V. aussi Quatre-heures.

- DÔNER : (v. tr.) Destiner un jeune homme (le dôné) à une jeune fille (la dôneuse).
- Orig. Forme rég. du v. donner.

- DONNER (v. empl. absolt.) : donner à manger. Ex. "Roland est allé donner aux lapins".

- DONNER GARDE DE (SE) : (loc. v. pron.) Éviter de. Ex. "Avec ce verglas, je vais essayer de me donner garde de tomber".

- DOUCETTE : (n. f.) Mâche.
- Orig. Dim. de douce.

- DOUILLET(TE) : (adj.) Écœurant. "Il est bon, ce gâteau… mais c’est quand même un peu douillet".

- DOUILLETTER : (v. tr.) Écœurer. "J’en ai trop mangé, ça me douillette, tout ce goumeau".
- Orig. Doux, douillet.

- DOUILLON : (n. m.) Source. Dim. de doye
- Syn. douix.

- DOUIX : (n. m.) Source
- Syn. douillon.

- DOUZIL : (n. m.) Cheville, petit robinet servant à boucher un tonneau.
- Var. Dzi.
- Étym. Lat. duciculus, dim. de ductus.

- DOYE : (n. m.) Petit ruisseau.
- Étym. Lat. ductus.

- DOYOT : (n. m.) Pansement sur un doigt.
- Orig. Forme dim. de doigt.

- DRAPEAU : (n. m.) Linge, lange de bébé, "Ma mère est allée laver les drapeaux du petit".
Syn. : Paissot.

- DRESSER (LA SOUPE, LES GAUDES) : (loc.) Remplir les assiettes de soupe, de gaudes... Par analogie avec dresser la table. Ex. "Les hommes ne veulent plus tarder, maintenant : tu peux déjà dresser les gaudes"

- DRESSOIR : (n. m.) Vaisselier.

- DROGUES : (n. f.) Remèdes, ou réputés tels. Péjoratif.

- DROGUER : (v. intr.) Attendre avec impatience. "Tu m’as fait droguer".
- Orig. Emploi encore vivant en Franche-Comté d’un v. venant de drogue, morceau de bois fourchu que l’on gardait sur le nez lors d’un vieux jeu de carte (19e s.)

- DUVET : (n. m.) Édredon, couvre-pieds.
- Var. douvot (Montbéliard).
- Syn. Plumon.

DZI. V. DOUZIL.