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La culture et l’utilisation du chanvre dans les habitations haut-saônoises

mercredi 22 décembre 2010, par Karine

La culture du chanvre

Saviez-vous que la Haute-Saône est le deuxième département de France en matière de production de chanvre ?

Mais qu’est-ce que le chanvre ?

C’est une plante connue et utilisée depuis le néolithique. Sa laine est utilisée pour confectionner des tissus, pour construire, pour réaliser une isolation sonore et thermique, pour fabriquer des huiles, de l’alimentation humaine ou animale, des produits cosmétiques, de la litière, du papier, des cordages, des combustibles, voire des biocarburants, des plastiques ou des médicaments.

Pour quelle raison une plante aux multiples usages est-elle si peu répandue ?

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Maison de la ruralité de Noroy-le-Bourg et Jacques Renoult, président de l’Association BORPLACAL

Tout d’abord, la rareté de cette culture tient au fait que le chanvre est le nom vernaculaire d’une plante plus communément appelée canabis. Son caractère psychotrope lui a valu d’être peu à peu interdit au XXe siècle.

Ensuite, le chanvre est d’une récolte difficile, car il peut mesurer jusqu’à quatre mètres de haut.

Enfin, après des années d’inexploitation, il faut adapter le matériel agricole.

A noter que la culture du chanvre ne nécessite aucun pesticide et qu’elle doit son renouveau à la crise pétrolière.

Le pôle d’excellence rurale

L’Etat finance des Pôles d’Excellence Rurale pour favoriser l’activité économique des territoires ruraux. Le but étant de rendre ces zones plus attractives et de répondre aux besoins de ses habitants.

Le pôle d’excellence rurale du Pays de Vesoul - Val de Saône et de Gray a financé les recherches menées par le Lycée Agricole de Vesoul pour adapter le matériel à la culture du chanvre.

Projet abouti puisque la Plate-Forme du Lycée Agricole de Vesoul, en collaboration avec les sociétés Quivogne et Eurochanvre, a participé à l’élaboration de la faucheuse Twin Cut.

Le chanvre est constitué de fibres très résistantes et très longues que les faucheuses rotatives classiques ne peuvent récolter dans de bonnes conditions. La faucheuse ainsi élaborée coupe le chanvre à mi hauteur à l’aide d’une première lame, puis récolte au pied à l’aide d’une seconde lame. Cette machine permet de travailler à la vitesse de 16km/h ce qui est relativement rapide et appréciable à la fin du mois d’août, quand le temps est incertain et la récolte pressée.

La maison de la ruralité à Noroy-le-Bourg

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Futur musée

Cette maison entièrement réalisée en chanvre a été inaugurée le samedi 18 décembre 2010 et poursuit deux objectifs :

  • Former des hommes à l’utilisation du chanvre comme matériau de construction.
  • Abriter un musée de la ruralité avec le transfert du matériel hippomobile qu’abritait la ferme-musée d’Oppenans.

Elle a été financée par la ville de Noroy-le-Bourg dans le cadre de son plan de développement rural.

Promouvoir le chanvre :

  • la formation : la construction de la maison de la ruralité a été et sera encore un chantier école. Le Greta 70 a formé 7 formateurs franc-comtois à la construction et à la rénovation en chanvre. C’est l’association Contruire en chanvre qui a assuré les cours théoriques et les formations pratiques qu’ils ont reçus. Ils vont maintenant pouvoir transmettre leur savoir localement.
  • Le pôle d’excellence envisage de créer à Gray une usine produisant des briques de chanvre pour la construction des bâtiments.
  • La maison de la ruralité : c’est aussi un exemple grandeur nature de ce que l’on peut faire avec le chanvre. En effet, l’intérieur expose les trois techniques de construction en chanvre : les briques, coupées à la scie égoïne ; le projeté, du chanvre sec est mouillé au sortir d’une bétonnière et vient former une isolation de 50cm d’épaisseur ; et le coffrage. Les finitions sont plus ou moins grossières et colorées selon le résultat souhaité. Cela peut aller des morceaux de laine aux aspérités visibles, au crépis intérieur nuancé et tout à fait lisse.

Si pour l’instant le chanvre ne peut se passer d’une ossature bois savoyarde, il y a fort à parier que les forêts franc-comtoises sauront fournir l’étayage nécessaire à ce type de construction.

Le musée :

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Exemple de finition nuancée

Il regroupera le matériel agricole utilisé sur le plateau à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Le musée possède notamment la collection complète du matériel hippomobile regroupé par l’association BORPLACAL. Cette collection comprend notamment une rarissime javeleuse déviant les épis derrière les chevaux, afin qu’ils n’écrasent pas les grains lors du second passage.

L’association BORPLACAL

Créée en 1993, elle vise à promouvoir le Bord du Plateau Calcaire du secteur de Noroy-le-Bourg. Seize villages sont concernés et l’association multiplie les activités :

  • édition d’une gazette
  • mise en ligne d’un site Internet : www.borplacal.com
  • organisation d’une marche annuelle
  • organisation d’une soirée cancoillotte et chansons
  • signalisation de plusieurs circuits de randonnée pédestre
  • entretien et enrichissement de La Ferme d’Antan d’Oppenans (prochainement transférée à la maison de la ruralité de Noroy-le-Bourg)
  • randonnée découverte sur le thème des orchidées sauvages ou des sauterelles
  • plantation d’un bioverger (en collaboration avec le groupe des Griottes) avec variétés anciennes et vernaculaires (cormier, blessonier, cognassier, cerise aigre, mirabelle, coco jaune, prunes, pêches de vigne, alisier, noyer, petits fruits, pommiers, poiriers, cerisiers).

Voir en ligne : Retrouvez l’association BORPLACAL en ligne


P.-S.

Dès que La Ferme d’Antan aura emménagé dans la Maison de la ruralité de Noroy-le-Bourg, nous ne manquerons pas d’y faire un reportage que vous pourrez retrouver dans notre section Musées.



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