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Le dahu des montagnes en Franche-Comté

vendredi 2 avril 2010, par Domi

Nombreux sont ceux qui ont entendu parler du dahu, peu ont eu la chance de l’observer. Pourtant, cet animal vit un peu partout en France...
Il reste une énigme pour les scientifiques, puisque peu ont pu l’observer dans son milieu naturel ! Face à la rareté des apparitions du dahu, certains émettent l’hypothèse d’une timidité naturelle de l’animal plutôt que l’extinction de l’espèce.

Le dahu des montagnes en Franche Comté

Le dahu est donc un animal mythique de la faune jurassienne ; les rares personnes qui l’ont observé le décrivent comme un quadrupède à la fourrure d’une grande finesse, bien adapté à la marche en montagne.

Cette créature à une particularité sans équivalent dans le règne animal. En effet, ses pattes sont plus courtes d’un côté que de l’autre, ce qui le conduit à progresser à flan de montagne ; il ne se rencontre jamais en plaine !
Le dahu serait végétarien, voir lichenophage.

Il vit en général à des altitudes supérieures à 1000 mètres et on y rencontre deux sortes de dahus :

  • les dextrogyres (pattes plus courtes du côté droit, permettant une rotation aisée vers la pente à droite) ;
  • les levogyres (pattes plus longues côté gauche, favorisant la rotation inverse).

Sa présence est visible par les traces qu’il laisse sur le sol et la neige, ainsi que par les poils qui restent accrochés sur les branches. Ce sont ces indices qui ont permis de prouver son existence dans le massif Jurassien Franco-Suisse !

Reproduction

Il est difficile pour le dahu de se reproduire, puisque l’anisométrie latérale de ses membres pose un problème majeur pour une copulation réussie. Imaginez la scène !
De plus, les conséquences de la loi de Mendel sur la génétique et les combinaisons hasardeuses des caractères levogype et dextrogyre provoque une variété de petits dahus aux pattes antérieures courtes et postérieures longues, voire l’inverse...
Cela malheureusement conduit à de réelles difficultés de déplacement et la mort survient rapidement, ce qui explique aussi la rareté du dahu.

La chasse au dahu

Si un peintre avait immortalisé l’un de ces moments, il aurait sans doute appelé sa toile ’Scène de chasse au dahu’.

Mais savez-vous chasser le dahu ?
Voici comme faire !

Au cœur d’une forêt engourdie par le froid (il est préférable de le chasser en décembre/ janvier), prenez un sac de toile de jute et un gourdin. Demandez à des amis de vous donner un coup de main, n’oubliez pas que l’animal ne peut se déplacer qu’en suivant les courbes de niveau.
Pour le traquer, vos amis (de joyeux rabatteurs) doivent effrayer l’animal par un concert de trompettes, de casseroles, de tambours et de hurlements, afin de diriger l’animal vers vous.
Peut-être la pauvre bête apeurée tentera-t-elle de se retourner, perdant ainsi l’équilibre. Et hop : il ne vous restera plus qu’à vous jeter sur elle, l’enfermer dans le sac et lui donner un petit coup pour l’assommer.

A ce jour, aucun chasseur, même parmi les plus aguerris, n’a réussi l’attraper, ni même pu apercevoir cet énigmatique et timide animal !

Où voir le dahu ?

Au musée d’histoire naturelle de la Chaux de Fond, en Suisse (canton de Neuchatel).
Sur simple demande, le conservateur ou l’un de ses collaborateurs se fera un plaisir de les sortir de la réserve du musée.

Épilogue

Vous comprendrez, cher lecteur, qu’à ce jour aucun photographe n’a pu prendre le dahu dans son milieu naturel, ce qui explique que cet article manque cruellement d’illustration...

Ah Oui ! J’oubliais... Si vous vous promenez là où il y a des dahus, n’oubliez pas de prendre votre appareil photo. Qui sait ? Peut-être
serez-vous le premier à lui tirer le portrait ? ;-)


P.-S.

Remerciements pour la documentation à l’excellent ouvrage ’Les mammifères de la montagne Jurassienne’, aux Editions NEO.