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Le Lynx Boréal

ou Loup Cervier

lundi 23 mars 2009, par Domi

En France, le lynx a été éliminé entre le XVII et XIXe siècle.
Il a été réintroduit en 1983 dans les Vosges et il est revenu naturellement dans le Jura et les Alpes depuis la Suisse entre 1972 et 1976.
En effet 8 à 10 lynx ont été lâchés sur trois sites du versant Suisse du Jura.

Depuis une bonne dizaine d’années, la population de lynx est en hausse dans les trois massifs montagneux ; la population jurassienne étant la plus dynamique.

Identification

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Lynx franc-comtois

Le lynx d’Europe mesure en général environ 50 à 75 cm au garrot pour une longueur qui varie de 80 à 120 cm.
Le poids habituel est quant à lui compris entre 17 à 30 Kg ; les mâles étant plus lourds que les femelles.

Lorsqu’on a la chance de l’apercevoir, on remarque sa robe tachetée de noir, sa tête ronde, ses grands favoris blancs et noirs et sa courte queue.

Son empreinte est, la plupart du temps, le seul indice de sa présence.
Elle ressemble à celle d’un gros chat, de forme ronde avec les doigts écartés, généralement sans griffe apparente.

Alimentation

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Crotte de lynx

Dans le massif jurassien, le lynx se nourrit essentiellement de chevreuils et de chamois, et pour changer son ordinaire de quelques lièvres et petits rongeurs.
Il s’adapte à son territoire et aux populations de proies de celui-ci.
Il arrive malheureusement que le lynx attaque des moutons issus des élevages situés en lisière de bois.

Depuis quelques années en Franche Comté, l’utilisation de chiens de protection « patou », adapté aux spécificités locales, peut apporter des réponses à cette problématique.
Rappelons aussi que les chiens errants sont la cause de dégâts sur les troupeaux, même si la prédation du lynx sur l’élevage ovin est très forte dans notre région.

Reproduction

Le rut a lieu en février et mars. Le mâle pousse un hurlement terminé par un grondement en parcourant son territoire à la recherche d’une femelle.
Rappelons que son territoire est en moyenne de 250 Km2 dans le massif jurassien.

Ces feulements courts ressemblent aux aboiements du chevreuil ou du renard.
Après avoir passé quelques jours en compagnie de la femelle et s’être accouplé, le mâle continue de parcourir son territoire à la recherche d’une autre femelle.
En effet, les territoires des femelles sont plus petits et recoupent celui d’un mâle.

Quelques mois plus tard mi-mai / début juin, la femelle met bas 1 à 4 jeunes dans une cavité.
Une dizaine de mois plus tard, les jeunes se séparent de leur mère.
Notons que la femelle ne se reproduit pas toutes les années.

La mortalité des jeunes est très importante. En effet, la moitié n’atteint pas l’âge d’un an !
La collision avec les véhicules, les tirs illégaux, la maladie sont les principales causes de disparition.

Cohabitation

Le lynx habite nos grandes forêts de Franche Comté. Il quitte rarement le couvert des arbres.

Aujourd’hui ce magnifique félidé a reconquis son territoire d’antan ; il est présent pratiquement partout en Franche-Comté et on évalue sa population à 180 - 200 individus rien que dans le massif du Jura.

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Traces de lynx et de chevreuil

C’est vrai que vivre avec le lynx n’est pas facile, car ce prédateur peut en effet opposer les hommes.
Sa perception et son acceptation ne sont pas toujours les mêmes selon que l’on est éleveur, chasseur, forestier, protecteur de la nature ou simple citoyen.

Le lynx ne serait-il pas un miroir qui nous renvoie à notre propre perception de la nature ?

Que ce superbe prédateur qu’est le lynx puisse continuer à courir dans nos massifs et nos forêts !

Et qui sait si au cours d’une de vos balades forestières vous n’apercevrez pas l’une de ses traces ?

Peut-être même que vous aurez la chance de l’apercevoir, ne serait-ce qu’un instant, se faufilant rapidement.

Ne serait-ce pas un moment envoûtant ?


P.-S.

Remerciements à Dominique Michelat pour les photos.

Article rédigé avec quelques sources tirées du livre « Les mammifères de la montagne jurassienne » Edition NEO