Adom (en ce temps là), dans une bourgade du Doubs (Sagona), les habitants se plaignaient que le nom de leur cité manquait de clinquant, et de grandeur. On pouvait même les appeler les empiaunes (personne qui se plaint, qui quémande sans cesse), tellement ils s’en croient (être vaniteux, imbu de soi-même). A côté de Sagonna, car tel était ce bourg, se trouvait la gouille (le Marais). Dans ce marais habitait le petit homme vert, une R’Noglie (crapaud-grenouille) qui, à force de les entendre gémir et piauner (se plaindre), décida un jour d’accomplir leur souhait à sa manière : Un matin, celui du 28 juin pour être précis, c’est-à-dire le dernier demenou (dimanche) du mois de juin, il changea ce nom. Il cherchait depuis un moment un nom qui sonne, pour des habitants qui se trouvaient trop fiers pour enlever leur cabet (chapeau) devant quiconque, mais qui puisse symboliser aussi leur fatuité en parlant d’un lieu sans aucun rapport avec ce village, et porte une capette (un chapeau). Un djeu (jour), aux quatre entrées, on put lire sur les panneaux un nouveau nom qui laissa nion (chacun) sans voix, et leur apprit l’humilité. Ces vougnatsons (borné, idiot) n’ont pas compris la leçon : ils en ont fait leur bniesson (fête de village) et en sont fiers.
Désormais, les voyageurs se demandent constamment qui a pu baptiser une bourgade d’un nom qui n’est pas dans la bonne région, ni dans le bon département, ni sur la bonne rivière. Vous avez compris pourquoi maintenant on appelle cet endroit Saône ?









