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Jean ERARD - « et pourtant... il l’a fait ! »

mardi 30 décembre 2008, par Marc

Avec l’autorisation de Serge Tarby, (collègue de la chorale Les Baladins de Bavans et auteur d’une brochure à ce sujet), je vais vous raconter « l’histoire d’un mec ! » tout à fait normal qui traîne avec lui un destin peu ordinaire.

Qui est-il ?

Il s’appelle Jean ERARD, de Montenois (petite commune du pays de Montbéliard - 25). Il est né le 12 août 1923, petit dernier d’une famille de six enfants. Albert, le grand frère, avait 16 ans de plus que lui et sera fusillé par les Allemands le 29 octobre 1944 à Montenois. Emile est mort des suites de ses blessures reçues en tant que prisonnier de guerre. Gaston, déporté, est décédé suite aux privatisations et aux travaux infligés dans les camps de concentration.

C’était des paysans, de petits paysans : six hectares de terre, un cheptel d’une dizaine de vaches, de deux chevaux pour les gros travaux, quelques poules et lapins. Il a travaillé à la ferme très tôt : frères et sœur étant mariés, ils avaient quitté la maison ; aussi il s’est retrouvé pratiquement seul avec sa mère pour s’occuper du « train de culture ». Son père, invalide non reconnu, était un ancien combattant de 14-18. Il se paralysait et il ne l’avait jamais vu marcher. Ils devaient être les plus pauvres de la commune (450 habitants environ à l’époque). Le dimanche matin, après la messe, il filait au jeu de quilles pour « rebouler », la monnaie ainsi récupérée servait à l’achat d’aspirine pour son père.

L’hiver, il embauchait à l’usine Maitre de Colombier-Fontaine jusqu ‘au début des travaux des champs, tout en s’occupant des bêtes avant de partir et au retour. Quelques fois, il faisait des fagots de bois pour les vendre à l’usine à Beaulieu. La ferme rapportait peu, cet argent était le bienvenu.

Sa passion

Un jour, à dix-huit ans, son cousin Pierre Bonnet, boxeur (plusieurs fois champion de France, sélectionné aux J.O. de Munich en 1936) est venu faire une exhibition à Montenois. Subjugué par ces athlètes, il était dès la semaine suivante à l’entraînement à l’ancien hôtel Peugeot à Sochaux. Là, comme pour le travail, les déplacements (34 km A/R) se faisaient en vélo, cela trois fois par semaine. Son champion de cousin fût son conseiller, son entraîneur. Au cours de sa carrière pugilistique, Jean Erard a effectué 248 combats (dont 150 avant la limite), ne déplorant que 14 défaites et 9 nuls. Il progressera et passera professionnel au Sporting Club Dijonnais. Il boxera jusqu’à trente-quatre ans. Toujours dans la discipline, il arbitrera pendant vingt ans et, fidèle à son club, sera un bénévole assidu et recevra en 2003 la Médaille d’Honneur du comité de boxe du Doubs. Il était déjà détenteur de la Médaille de Bronze, d’Argent et d’Or de la F.F.B., de la Médaille de Bronze, d’Argent du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Le Résistant

Dans le village, tout le monde se connaissait. Vers la fin de 1943, Marc Fierobe, cafetier qui venait de Sainte Suzanne, lui demande de donner des coups de mains pour la récupération des parachutages, de plusieurs sabotages, en compagnie de son chef Fierobe et surtout de ravitailler les maquis qui commençaient à se former. La 1re Armée est arrivée vers l’Isle sur le Doubs en manque de logistique (munitions, essence) et s’est trouvée immobilisée un mois et demi. Les Allemands se sont regroupés et les maquisards ont dû faire face aux représailles tout en continuant de harceler l’ennemi. Dans son secteur, après l’attaque du maquis d’Ecot le 8 juillet 1944, deux maquis se sont formés vers Montenois, un à la Planche des Belles Filles et l’autre au bois de Beutal. Robert Brand, chef du Corps Franc de Bavans, était très actif. C’était un héros, un chevalier des temps modernes. Charles Demougeot, de Présentevillers, était aussi à la tête d’un groupe. Montenois occupé, il a fallu faire très attention à ce qu’on disait, à ce qu’on faisait. Sous les ordres de Fierobe (qui dépendait des deux maquis, Brand et Demougeot), ils étaient une quinzaine de partisans actifs pour les actions militaires et pour l’approvisionnement des maquis.

Le 26 juin 1944, Fierobe contacte l’équipe pour éliminer une bande de Romanichels qui violaient et cambriolaient depuis deux mois. Comme il avait eu maille à partir avec eux quelques jours au par avant, c’est volontiers que Jean Erard s’est joint à l’équipe. Ils ont été éliminés dans le bois de Bretigney et les deux fuyards abattus par un groupe de Haute-Saône.
Il était dur de voir que plus les Allemands étaient présents dans le village, plus il y avait de mouchards. On ne pouvait faire confiance à personne, les arrestations individuelles ou collectives étaient le fruit de dénonciation.

Les grands travaux

A Montenois, depuis mi-septembre, tous les hommes étaient réquisitionnés pour fabriquer des défenses entre Beutal et Bretigney. Il fallait creuser des tranchées, des abris, des emplacements pour les pièces d’artillerie, les mitrailleuses, faire des barrières anti-chars... Les lignes de front se trouvaient à une centaine de mètres l’une de l’autre. Nous étions surveillés par le même officier allemand, Landeberg, qui parlait très bien le Français et qui sifflait toujours : « Rosalie.. elle est partie », une chanson en vogue d’avant guerre. Il a lui-même creusé dans la combe, entre Beutal et Bretigney, son abri personnel de bois recouvert d’au moins deux mètres de terre. Tous les gardiens n’étaient pas semblables. Des soldats d’un certain âge n’avaient aucune méchanceté dans les yeux, ils étaient dans l’armée par obligation, par contre des jeunes, de véritables salauds violents, jouaient de la trique à tout va.

La dénonciation

Dimanche 29 octobre 1944, il fait froid, il pleut, un épais brouillard recouvre la région. A 8h, comme tous les jours, ils sont réquisitionnés pour aller au travail. A l’appel, une luxueuse voiture allemande arrive avec un officier nommé Kruger. Ce dernier a crié un ordre, ils se sont aperçus qu’ils étaient encerclés par de nombreux soldats supposés de la Gestapo. Là, nouvel appel des présents par un Allemand avec une liste bien établie. C’était les plus actifs des résistants et, bien sur, Jean Erard était appelé. Les appelés devaient s’aligner bras en l’air contre le mur d’une habitation. Albert Dammot, à ses côtés, lui murmure : « On est foutu ! ». Encadré par des Allemands ils descendent la rue jusqu’à l’école des filles. Ils croisent une voiture avec à l’intérieur Marc Fierobe, qui avait été arrêté trois jours avant. Par la suite, il a fallu se rendre à l’évidence, c’est lui qui avait parlé…

Ils les ont fait rentrer dans un local de l’école, fait mettre à genoux les bras en l’air avec défense de parler, encadrés par les soldats arme au poing. Pendant ce temps, à trois mètres d’eux se préparait la salle de torture. Le premier appelé fût Emile Faivre-Dupaigre, ancien adjudant-chef du 35e R.I. de Belfort. Tout de suite ils l’ont entendu hurler. Les coups qui s’abattaient sur lui faisaient mal à tous, sachant qu’ils allaient y passer également. Coups de poing, coups de cravache ; ils l’ont torturé au moins dix minutes. Quand ils l’ont ramené, il était ensanglanté de partout à demi inanimé. De suite, un autre appel : << ERARD>>. Jean s’est levé mais c’était Edmond Erard qu’ils voulaient.

La fuite

Jean raconte : « Son absence expliquée, ils m’ont demandé de les conduire chez lui. J’ai pris quelques coups de matraque, on m’a mis les menottes derrière le dos pour les y conduire. Au domicile, personne n’a pu les renseigner sur sa présence. Des soldats ont fait le tour de la maison vainement. Je n’avais qu’une menotte et j’ai tenté de me sauver par la fenêtre basse et entrouverte de sa chambre. Mes gardes ont compris mon intention et m’ont roué de coups. J’ai pris une tabassée avec des nerfs de bœuf. Ils m’ont ramené à l’école et j’ai pu constater que plusieurs compagnons étaient passés à la « Schlague ». Je me suis mis à genoux attendant mon tour. Je sentais la mort arriver et ne rien pouvoir faire pour l’éviter.

Deux par deux, nous avions le privilège, s’il on peut l’appeler ainsi, de pouvoir aller aux toilettes ; ceux qui étaient passés à la torture ne pouvaient plus y aller tant ils étaient massacrés. J’ai demandé à y aller avec Robert Coulon. Deux jeunes SS de 25 ans maximum nous y accompagnent. Ma chance fût que les WC ne fermaient pas. Par l’interstice, j’ai vu les Allemands menaçant des femmes qui réclamaient soit leur mari, soit leurs enfants qu’elles entendaient crier sous la torture. Cette agitation a détourné l’attention des gardes. D’un bond, j’ai poussé le premier qui me tournait le dos ; il est tombé du mur, 2m50 plus bas. Le deuxième n’a pas eu le temps de se servir de son arme, je lui ai collé un direct en pleine figure avec la force du désespoir. Il a basculé de l’autre côté du mur. Dans mon élan j’ai couru en contrebas. Dès lors, on m’a tiré dessus.

Je n’ai pas réfléchi, seul le reflex de survie me guidait. Un facteur important : le brouillard devenait de plus en plus épais. Les coups de feu tirés contre moi me donnaient des ailes, j’ai foncé en direction du bois du « Soufé » côté Sainte Marie. Les chiens qui accompagnaient la Gestapo me faisaient peur ; je n’avais qu’une obsession, être repris. Je me méfiais aussi des soldats allemands que je savais trouver avec des pièces d’artillerie dans le bois de Sainte Marie. Je m’arrêtais et écoutais souvent. J’ai pris la direction des bois de Bavans. Dans ma fuite éperdue, j’avais égaré mes chaussures, mes chaussettes et ma chemise, j’avais les pieds en sang plein d’épines. Il faisait froid, la neige se maillait à la pluie, c’était une météo à vous glacer les os.

Sur mon parcours, j’ai rencontré une plantation de résineux. J’ai grimpé dans le premier sapin, j’avais peur que les chiens me pistent. J’ai pu depuis une branche me propulser sur un autre arbre et ainsi réussir à m’éloigner d’une dizaine de mètres de mon point de départ afin d’échapper aux flair des chiens. Je claquais des dents de peur et de froid, mais je n’ai plus entendu les chiens ni vu de patrouille. J’ai passé une nuit complète sur cet arbre. J’ai grelotté jusqu’au lever du jour.
A l’aube, je suis descendu de mon perchoir et me suis dirigé vers la lisière du bois. J’étais dans Bavans. J’avais aussi peur des mines mais la présence de vaches dans le pré m’a rassuré à ce sujet et j’ai vu un berger qui les accompagnait. Je me suis approché de lui. Il m’a reconnu : « T’es le boxeur de Montenois ! » et j’ai reconnu « le Siam » de Bavans. Il m’indiqué sa cabane, m’a offert des habits qui s’y trouvaient et de me rendre chez lui. J’y suis allé et j’ai pu me restaurer, m’habiller plus chaudement et il m’a caché jusqu’à la fin de l’après-midi. Il m’a proposé de rejoindre Voujeaucourt. Je poussais une charrette avec quelques morceaux de bois et quelques pommes de terre. J’ai eu très peur lorsque j’ai croisé une patrouille de deux Allemands mais tout s’est bien passé.

A Voujeaucourt, je me suis caché en attendant la nuit. Monsieur Bully m’a caché pour la nuit. J’ai demandé à voir Monsieur Bon, employé de mairie que je savais résistant. C’est lui qui m’a indiqué un passeur pour rejoindre la Suisse, un nommé Gègène à Montbouton. Pendant ce temps, Monsieur Bully avait récupéré une photo de moi dans ma belle-famille et, en gardant le haut, m’avait confectionné une fausse carte d’identité avec la sienne. Je m’appelais Buely Emile.

Direction la Suisse, et retour en France

Le lendemain matin, Monsieur Bon a fait une reconnaissance à vélo. J’avais aussi un compagnon : un soldat de la 1re Armée qui, s’étant évadé, passait comme moi. Nous avions rendez-vous Cité du Val à Montbouton. Je marchais en tête et ce soldat, armé d’un pistolet, me suivait à bonne distance. Sur la route, à l’entrée du bois de Dasle, une patrouille m’a demandé mes papiers, quelques instants plus tard ce fût à mon compagnon, mais nous n’avons pas été inquiétés. Vers midi, nous étions au café qui nous était donné comme point de ralliement. La patronne feint de ne pas connaître Gègène. Lorsqu’il est arrivé, je le reconnus, il s’agissait de Jean Bourquin de Sainte Marie. Il était un peu contrebandier et connaissait bien la frontière. Il nous a passés au cours de la nuit. Vers une heure du matin, il nous a indiqué un grillage qui matérialisait la frontière. Il nous fallait courir et passer coûte que coûte ce grillage. Cet obstacle franchi, nous avons été arrêtés par une patrouille Suisse.

Ils nous ont hébergé et j’ai été dirigé sur l’hôpital de Porrentruy. On m’a retiré les épines du pied, soigné mes blessures reçues suite à la raclée prise lors de mon arrestation, ainsi que celles que j’avais aux yeux. J’y suis resté vingt-quatre heures puis j’ai demandé à revenir en France. On m’a mis dans un tacot direction Pontarlier, ville libérée. Nouveau contrôle d’identité par les Français avec ma fausse carte mais heureusement un soldat m’a reconnu comme boxeur, ce qui a raccourci les formalités. Direction Besançon, puis L’Isle sur le Doubs où j’ai du me rendre au P.C. de campagne installé au château Meiner.

Nouvel interrogatoire et là, je devais énumérer tout ce que je savais sur les emplacements et la manière de défense des Allemands. Ayant été réquisitionné, cela m’était aisé d’indiquer les défenses anti-chars, les emplacements de mortiers, de mitrailleuses et des abris personnels. Accompagné par une patrouille, j’ai pu indiquer au lieutenant Lebail du 5e RTM (Régiment de Tirailleurs Marocains) les différents emplacements. Les Allemands qui nous avaient repérés nous ont tiré dessus, il nous a fallu faire demi-tour en rampant. Avec ces renseignements, ils ont pu peaufiner l’attaque qui libèrerait Beutal, Bretigney, Montenois, etc … »

En route vers la libération

Le 14 novembre à 6h, Jean a rendez-vous villa Florence à Médière. Des dizaines et des dizaines de chars et pièces d’artillerie sont alignés prêts à partir, il se retrouve en tête pour indiquer les itinéraires. L’artillerie tirait au fur et à mesure de l’avance. Dans la combe après Beutal, en direction de Bretigney où ils savaient retrouver les abris du lieutenant Landeberg et de ses hommes, le lieutenant Lebail les a sommés de se rendre, ce qu’ils ont fait désarmés et les bras en l’air. Jean n’a pas pu s’empêcher de tabasser ce lieutenant Landeberg qui leur en avait tant fait voir à lui et à ses compagnons. Celui-ci lui a indiqué qu’il n’avait pas le droit de frapper un prisonnier. Le lieutenant Lebail lui a tiré une balle dans la jambe en disant : « Ne t’inquiète pas, il ne se sauvera pas. ». Il a été ramené à L’Isle sur le Doubs où un conseil de guerre sommaire l’a condamné à mort. Il a été fusillé le lendemain matin derrière le cimetière de Montenois libéré, à côté du trou qui lui avait été préparé. Il a refusé qu’on lui bande les yeux.

Pendant la progression entre Bretigney et Montenois où ils ont buté sur une résistance allemande, trois jeunes réquisitionnés sont morts par des tirs d’artillerie français ou allemands, on ne le saura jamais. A l’entrée du village, Henri Erard, un cousin de Jean, lui annonçait que tous ses compagnons avaient été fusillés le jour de son évasion.
Nous avons appris que, vingt-quatre heures avant le massacre des dix-huit résistants de Montenois, quinze résistants de Présentevillers avaient subi le même sort. Les villages distants d’à peine dix kilomètres étaient tellement cernés que l’information ne passait pas.
Un emplacement de mitrailleuse allemand défendait l’entrée du village. Au cours de l’assaut, un Allemand blessé s’est sauvé dans l’écurie d’un oncle à Jean, c’est lui qui est allé le chercher et sous l’émotion de toutes ces nouvelles lui à « donné le coup de grâce » avec son casque.
Sainte-Marie a été libéré le lendemain après une destruction quasi totale du village comme avaient été détruits Beutal et Bretigney.

Habillé en militaire lors de son affectation auprès du lieutenant Lebail, Jean poursuivit la progression de la 1re Armée jusqu’au Rhin, en qualité de volontaire. Rentré dans ses foyers pour l’hiver, il reprit la tenue du train de culture avec sa mère. En juin 1945, il est appelé au service militaire dans un régiment d’aviation à Dijon. Le colonel l’a fait inscrire dans un club de boxe de Dijon où il a pu reprendre l’entraînement et poursuivre sa carrière. Il a été libéré au bout de six mois.

En fin de cette brochure, Serge Tarby (l’auteur) devenu son cousin par alliance lui pose cette question :

« Jean, quel bilan peux-tu tirer aujourd’hui de tous ces événements que tu as connus et subis ? »

Sans hésiter, je puis dire que si c’était à refaire, je le referais. La priorité dans nos cœur était de virer le « Boche »hors de nos frontières. Nous voulions être « libres ». On ne peut pas imaginer ce que représente « La Liberté » lorsqu’on en est privé mais je retiens surtout une chose : « LA GUERRE, QUELLE CONNERIE … »

Je ne peux pas terminer ce résumer sans vous donner la liste des fusillés de Montenois ainsi que les commentaires qui les accompagnent :
Emile Faivre Dupaigre, Jean Jeannin, Albert Dannot, Maurice Ailloux, Georges Alix, Jean Boissenin, Henri Chauvez, Albert Erard, Marcel Faivre, André Lemonier, Fernand Pequignot, Paul Wolff, Armand Grisier, Joseph Jawiki, Roger Arnoux, Edmond Erard, Fernand Erard Athilio Frosio.

Je ne voudrais pas oublier tous ceux qui sont tombés au cours de cette horrible guerre, militaires d’active, soldats de l’ombre, civiles innocents, toutes les victimes des camps, morts dans des travaux forcés, squelettes ambulants et décharnés, les yeux hagards, découverts lors de la libération des camps de concentrations. Combien sont morts des suites de privation, de malnutrition. Quel horrible gâchis !

Et poutant il fallait le faire … et ils l’ont fait.

Merci à vous tous … et merci à toi Jean.