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Dialogue avec le Conseil Régional : communiqué de l’Institution dans son magazine

Les négociations sont ouvertes...

lundi 7 mai 2007, par Thier

... tout sourire devant le Lion Comtois

Courrier de Monsieur Raymond Forni, Président du Conseil Régional, daté du 17 avril 2007



Réponse du Comité de Rédaction de www.cancoillotte.net à Monsieur Raymond Forni, datée du 1er mai 2007

Monsieur le Président,


Nous vous remercions de votre courrier du 17 avril 2007. La rapidité de votre réponse vous honore et atteste que la question du choix de l’emblème comtois sur les plaques d’immatriculation ne relève pas du domaine de l’anecdotique. Nous sommes tout particulièrement sensibles au fait que vous ayez pris la peine de nous répondre alors même que vous avez dû être récemment hospitalisé. A cette occasion, nous vous formulons nos vœux de prompt rétablissement.


Sur le fond, votre courrier appelle plusieurs commentaires de notre part.


En premier lieu, vous regrettez qu’une discussion n’ait pas eu lieu entre vous et nous préalablement au lancement de notre pétition. Si nous n’avions parlé qu’au nom de l’association www.cancoillotte.net, il aurait pu nous être reproché que nous ne représentions que celle-ci. Nous n’aurions eu aucun poids. Au contraire, la rapidité avec laquelle les signatures ont afflué vers notre site souligne que notre pétition porte aujourd’hui les aspirations d’un nombre important de Comtois.


Cette question de la légitimité est importante. Vous n’avez pas, à ce sujet, manqué de souligner dans votre courrier, à juste titre, que les signatures sous forme de « pseudo » n’étaient pas du meilleur effet. Dès le lancement de notre pétition, nous avons insisté auprès de nos visiteurs pour qu’ils signent de leur nom et prénom. Cela étant dit, pour être valable, chaque signature doit être validée par le signataire. Il existe donc bien une adresse électronique réelle et une personne en chair et en os derrière chaque signature. Nous pouvons à tout moment demander à chaque signataire la confirmation de ses nom et adresse.


Nous insistons sur la demande que nous formulons, à savoir donner la possibilité aux automobilistes français, qu’ils soient Comtois ou non, de pouvoir choisir sur les futures plaques d’immatriculation l’emblème régional historique du lion sur champ de billettes. Cette possibilité d’apposer, en option, sur les plaques un emblème local ayant été offerte aux Français, nous regrettons qu’une consultation préalable des Franc-Comtois, que ce soit par le biais du magazine du Conseil régional, d’internet ou de la presse régionale, n’ait pas été lancée avant la délibération du Conseil régional.


Dans cette perspective, nous avons décidé de lancer une pétition. La rapidité avec laquelle, dès les premiers jours, les signatures sont arrivées, l’enthousiasme avec lequel de nombreux sites internet indépendants ont diffusé sur leur page d’accueil ou dans leurs forums de discussions notre pétition, le relais apporté par les médias locaux (France 3, L’Est Républicain) et même nationaux (Aujourd’hui en France) atteste que notre revendication est fondée et notre souhait de voir le lion comtois sur les plaques partagé par tous.


Notre site www.cancoillotte.net a reçu de nombreux messages de soutien, a suscité de larges débats et discussions sur internet, c’est pourquoi, Monsieur le Président, nous vous demandons de reconsidérer la position prise par le Conseil régional quant au choix de son logo pour les futures plaques.


Nous persistons à penser que le logotype du Conseil régional ne peut pas représenter les Franc-Comtois et qu’il n’est que la marque de l’institution régionale, utilisée sur les supports et médias où le Conseil régional intervient. D’ailleurs, à ce titre, il est interdit d’utiliser cette marque par les particuliers sans l’accord des services du Conseil et, au contraire du lion, aucun usage sous forme d’autocollants ou autres objets où il apparaît n’est fait dans la vie quotidienne. Nous avons entendu votre argument quant au déficit d’image de la Franche-Comté en Europe. Si le logotype du Conseil peut prétendre à situer géographiquement la Franche-Comté, son affichage sur des plaques d’immatriculation ne nous semble pas pertinent et ne suscite pas, comme le lion, un sentiment d’appartenance et de fierté. Nous craignons que peu d’automobilistes ne souhaitent afficher le logo sur les plaques, aussi la volonté de mieux faire connaître la région Franche-Comté par ce biais ne sera pas suivie d’effet.


A contrario, le lion comtois ne figure t’il pas depuis des décennies sur les voitures de l’entreprise Peugeot, qui n’a jamais voulu changer ce vaillant symbole de force et de robustesse ? En outre, l’apposition de notre emblème historique sur les plaques s’inscrira dans une continuité européenne : les plaques des automobiles slovènes présentent les armoiries des villes de ce pays, les plaques suisses arborent les blasons des cantons tout comme les plaques autrichiennes celles de ses provinces et les plaques allemandes les emblèmes de ses Länder, dont les fameuses armoiries bleues et blanches auxquelles sont très attachés les Bavarois.


Cette volonté de faire vivre un emblème, le fameux lion aux billettes, symbole de la culture et du savoir-faire comtois, est partagée par de nombreuses personnalités de la région qui ont signé notre pétition : des universitaires et des historiens réputés, des artistes et des auteurs. Elle l’est également par un nombre très important de citoyens qui font vivre et rayonner notre belle région, qui ont le souci le souci de perpétuer l’ouverture sur les autres, reflet de notre dicton « là où flotte le drapeau comtois, qui que tu sois, tu es chez toi ».


Le lion comtois est un élément essentiel de notre patrimoine : sa présence sur les plaques d’immatriculation interpellera les Français comme les étrangers et la curiosité qu’il engendrera entraînera un intérêt accru pour la Franche-Comté et contribuera à mieux la faire connaître. Ce sera avec passion que, nous, Comtois, expliquerons aux autres automobilistes l’histoire mouvementée de notre région, celles de nos châteaux perchés, de nos forêts mystérieuses et celle d’une région, la plus industrialisée de France, qui a des atouts à faire valoir dans l’Europe et dans le monde, dont on ne peut qu’être fiers.


Nous sommes très honorés par l’invitation de nous recevoir accompagné du vice-président en charge du tourisme, et ce sera avec plaisir et conviction que nous viendrons vous présenter nos arguments en faveur du lion comtois sur les futures plaques, à la mesure de l’ampleur que notre pétition suscite.


Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sincères salutations.


Le Comité de Rédaction de www.cancoillotte.net

La façade du Conseil Régional, square Castan à Besançon... (Photo Gilles Champion)

Résumé de la rencontre qui a eu lieu le 29 juin 2007 entre Denis SOMMER, vice président du Conseil Régional et les représentants de Cancoillotte.net

Le 29 juin dernier, notre association « cancoillotte.net », représentée par Michel Cramatte, a été reçue par M. Sommer, vice président du Conseil Régional en charge notamment des questions de tourisme et de patrimoine. Pour l’occasion, Edith Montelle, conteuse et écrivain, spécialiste de la vouivre, était venue apporter son soutien à notre démarche.

Nous avons été sensibles au fait que le Conseil Régional tienne sa promesse et ait accepté de nous recevoir.

Malheureusement, M. Sommer tenait davantage à réaffirmer sa position qu’à écouter la nôtre. Faisant fi des nombreuses voix comtoises qui, depuis avril, se sont élevées de toutes parts en faveur du lion, il nous a réaffirmé que le Conseil Régional maintiendrait le logo sur les plaques, pour les raisons suivantes :

- il importe de maintenir une cohérence signalétique : comme le logo est déjà utilisé pour identifier la région, notamment sur les brochures touristiques, il serait inopportun de ne pas le placer sur les plaques.

Pour cancoillotte.net, cette position n’est guère tenable, car les plaques automobiles n’ont pas vocation à être un support touristique : elles sont destinées aux Comtois qui souhaitent indiquer leur appartenance à leur région, et non aux touristes. De plus, l’automobiliste qui distinguera le logo sur une plaque en déduira simplement que celui qui roule devant lui vient d’une région de l’Est, sans faire nécessairement le lien avec la Franche-Comté (dont il ne pourra pas lire le nom, écrit trop petit). Donc d’un point de vue « communicationnel » et « marketing », le logo n’est pas plus efficace que le lion. D’autre part, le Conseil Régional de Bretagne a un logo, mais ne l’a pas imposé aux Bretons, puisque c’est le drapeau breton qui figurera sur les plaques. Les propos de M. Sommer ne manquent pas de nous laisser songeurs : au nom de la cohérence et de l’efficacité, doit-on accepter l’hégémonie d’un logo appelé à figurer partout ?

Enfin, si l’on veut faire rayonner la Franche-Comté et séduire les touristes, n’est-il pas plus opportun d’utiliser le lion, symbole de l’âme comtoise si intimement lié à son histoire ?

- d’autre part, il y aurait un risque de confusion avec les lions belge et luxembourgeois.

Cancoillotte.net tient à souligner que ce risque est inexistant. En effet, le lion belge est jaune sur fond noir, et le lion luxembourgeois rouge sur des rayures bleues et blanches. Les seules armoiries approchantes seraient celles du royaume des Pays-Bas, qui montrent effectivement un lion d’or sur un semé de billettes, le tout en champ d’azur. Mais ce lion néerlandais tient une épée et un faisceau de flèches qui le distinguent nettement du lion comtois, et est en outre presque systématiquement accompagné des insignes de la monarchie des Pays-Bas (couronne, manteau...). En outre, ces armoiries ne sont pas utilisées sous forme de drapeau (le drapeau néerlandais est composé de trois bandes horizontales). Par ailleurs, aucun de ces lions du Bénélux n’est appelé à figurer sur les plaques d’immatriculation. Enfin, la plaque sera dotée, à gauche, des initiales du pays d’origine. La Franche-Comté étant la seule région française à avoir le lion pour emblème, la confusion est donc impossible.

- enfin, M. Sommer a indiqué que si les plaques au logo du conseil régional ne trouvaient pas preneur, le Conseil Régional en tirerait alors les conséquences. Toutefois, lorsque nous lui avons demandé si le Conseil régional avait fait une quelconque étude pour avoir l’avis des Comtois, il a balayé notre question d’un revers de main en affirmant qu’ils « ne faisaient pas d’étude pour si peu ».


Malgré un semblant d’ouverture, il apparaît clairement que la question du lion n’est, aux yeux du Conseil régional, qu’un point anecdotique. Nous le déplorons, et invitons les Comtois à en tirer les conclusions qui s’imposent : puisque l’avis des Comtois sur la question n’intéresse pas le Conseil régional, c’est à nous, Comtois, de faire entendre notre voix.


M. Sommer nous a signifié une fin de non-recevoir dont nous prenons acte. De notre côté, tout en réaffirmant notre respect des institutions régionales, nous entendons poursuivre notre action :

  • nous invitons les Comtois à continuer à se mobiliser pendant l’été pour recueillir le plus grand nombre possible de signatures. Il importe de démontrer au Conseil régional que décidément, pour nous, le lion n’est pas « si peu ».
  • face au logo, cancoillotte.net continuera à privilégier une approche culturelle et patrimoniale : notre association entend intensifier la promotion de nos emblèmes historiques et de leur histoire, via une diffusion sur des supports divers...



Il y aura bientôt du nouveau !

Le Comité de Rédaction de www.cancoillotte.net

... affiche fièrement le Lion comtois ! (Photo Gilles Champion)

Article paru dans Franche-Comté Mag (septembre, octobre, novembre 2007), le magazine officiel du Conseil Régional

Lors de notre rencontre avec Denis SOMMER le 29 juin dernier, le vice président du Conseil Régional avait évoqué l’idée de communiquer sur la question des plaques minéralogiques par le biais de son magazine. C’est chose faite et nous vous laissons seuls juges...