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rue Alix Champlon

lundi 11 mai 2009, par le riolu

Les frères Maire et Alix Champlon sont trois soldats de Saône morts pendant la seconde guerre mondiale.

Alix Champlon était cheminot, résistant appartenant au réseau « Résistance Fer ». Arrêté le 8 octobre 1943, il a été fusillé à Dijon le 26 novembre de la même année.
Il a été nommé au grade de chevalier de la Légion d‘Honneur, a reçu la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la résistance.

Le conseil municipal a décidé dans les années 1970 de baptiser les nouvelles rues du nom des soldats morts pendant la guerre 39-45.

Rue Alix Champlon

Adom (en ce temps là), les temps étaient durs, demandez aux paysans, ils vous le diront bien, que cette année-ci était la plus difficile qu’ils aient connue, comme tous les ans d’ailleurs. Il fait trop de mouil (humidité) pour le grain, trop sec pour la vigne, trop d’orage pour le foin et trop chaud pour glaner quelques sous des touristes qui viennent visiter le pays en patassant (marcher, travailler de façon brouillonne) dans les maisons avec leurs godillots tout machurés (salis). Seul le cani (bistrot, bistrotier) ne ragonne (grogner) pas, lui. Y a toujours du monde dans son cabaret, même s’il fait du temps (mauvais). Dis voir !

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Au bout de la vie (chemin) y-a-t’y pas un certain Alix, t’sais ben, çui qu’est dix fois fort, tant (tellement) qu’y mange pour dix, dort pour dix, et quene (coïte) pour dix, l’a pus le temps de travailler, mais chaque fena (femme) connaît son adresse. J’te dis, moi ! L’a beau et mal gaupé (habillé), l’est pas iodot (idiot), le bougre. Y s’a dit : “Ma fi (ma foi) ! J’vas faire travailler la nature à mon profit, quand l’hiver le temps est cru (froid et humide). A d’la glace dans les gours (trous d’eau) et les cros (différents sens dont creux). Avec ma grappe (crochet) je vas rapatrier dans mon bacu (cabane) une camée (beaucoup) d’glace avec de l’étrain (paille) j’vas la vendre aux parisiens de Besançon quand (au moment de, à l’époque de) le chotan (été) ”. Ainsi c’t’homme dix foix fort, a pu chenailler (se livrer à des ébats amoureux bruyants) comme qu’il (de quelque façon que) en avait loisir. Toutes les femmes du village l’ont depuis appelé le Champion, ou le Champlon je ne sais plus.

Le riolu

Ndlr : en effet à Saone, Il était de coutume de ramasser dans les marais la glace pour la vendre l’été à Besançon. On la plaçait dans une grotte & aussi une cabane à La Couvre, sur de la paille pour la conserver.

(M. Godillot fut le fournisseur de chaussures de l’armée, de plus il était comtois. [Véridique]).