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Ses théories scientifiques

vendredi 2 janvier 2009, par Mitch

L ’Anatomie Comparée (subordination des organes, corrélation des formes)

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Comparaison anatomique de trois squelettes d’écureuil, d’oiseaux et de poisson.

La comparaison des anatomies des organismes est pour Cuvier un principe de base de tous ses travaux, et c’est lors de son séjour en Normandie qu’il le développe. Ses premiers travaux publiés datent de 1792 ; ils portent sur l’anatomie des cloportes et de la patelle. Cuvier compare tous ce qui est comparable ; il publie des planches de squelettes, de jambes, de becs, de pattes, de chélicères d’insecte, etc. Il est évident que pour cela, il a besoin de nombreux spécimen en collection…ce qui n’est pas vraiment le cas quand il devient titulaire de la chaire d’anatomie des animaux à Paris. Cuvier enrichit fortement les collections zoologiques et adapte le principe de l’anatomie comparée à ses collections fragmentaires de fossiles. Il peut ainsi en toute logique reconstituer des squelettes dont on a que quelques os et visualiser ainsi l’animal en entier. L’anatomie comparée possède un principe : celui de la corrélation des formes dans les êtres organisés, au moyen duquel chaque sorte d’être pourrait être reconnue par chaque fragment de chacune de ses parties.

Planches de comparaisons anatomiques de parties d’animaux :

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des pattes de mammifères

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des chélicères

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des pattes d’oiseaux

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des crânes de mammifères

Classification du Règne Animal

En 1817, riche de toute cette connaissance comparative à la fois dans le monde vivant et dans le monde fossile, Cuvier publie son Règne Animal distribué d’après son Organisation, pour servir de base à l’histoire naturelle des animaux et d’introduction à l’anatomie comparée en vingt volumes. 1200 planches couleurs parcourent tout le monde animal connu à son époque, des invertébrés aux vertébrés dont les humains.

Trois planches extraites du Règne Animal en vingt volumes de Cuvier (1817) :

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C’est dans ce livre que Cuvier présente avec le plus de force sa classification des animaux, qui rompt avec la vieille idée de « 1’échelle des êtres » où tous les animaux sont hiérarchisés du plus primitif au plus évolué, c’est à dire l’Homme. Pour Cuvier, le monde animal se répartit en quatre embranchements et en huit classes : les Rayonnés (zoophytes), les Mollusques, les Articulés (Insectes, Vers articulés) et les Vertébrés (Hommes Mammifères Oiseaux Reptiles et Poissons).

Paléontologie stratigraphique

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Coupe géologique de Grignon à Paris en passant par Versailles et Meudon (1811)

Cuvier se rend compte qu’un fossile trouvé dans une couche de terrain, « date » cette couche. Ainsi, d’affleurements en affleurements, il va visualiser des coupes stratigraphiques et reconstituer la géologie du centre du bassin parisien : c’est la biostratigraphie. Georges Cuvier et Alexandre Brongnart en 1811, publient l’Essai sur la géographie minéralogique des environs de Paris et réalisent une des premières cartes géologiques au Monde, en l’occurrence celle des environ de Paris.

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Carte géognostique des environs de Paris par M.M. Cuvier et Brongniart (1810-1822).

Les Mondes Perdus

Au même titre, que Cuvier a utilisé la méthode « anatomie comparée » pour élaborer la classification du monde animal, Cuvier utilise la succession des couches fossilifères pour hiérarchiser dans le temps tous les fossiles qu’il a étudié et pour prouver la disparition des espèces.

En 1812, il publie la première édition du Discours sur les Révolutions de la surface du globe qui deviendra son plus célèbre ouvrage. Cuvier démontre l’existence de faunes anciennes successives correspondant à des époques disparues. Entre deux époques, un événement dramatique mets fin à bon nombre d’espèces animales.

Il découpe les temps anciens en quatre périodes : la plus ancienne est l’âge des Reptiles, avec les fossiles du Mosasaure et du Pterodactyle, qui aujourd’hui correspond à l’ère secondaire (-245 à –65 millions d’années). La suivante est l’âge des Paléothères ; elle comprend tous les fossiles de la faune du gypse de Montmartre ; aujourd’hui, cela correspond au Paléogène (-65 à –23,5 millions d’années). Ensuite, Cuvier propose l’âge des Mastodontes où se côtoient Mammouths, Megatheriums et Mastodontes : c’est l’équivalent du Néogène et du Pléistocène (-23,5 à -0,01 millions d’années), Enfin Cuvier appelle la 4e période l’âge des Hommes associés aux animaux domestiques (Holocène – 10 000 ans).

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Ces gravures de Riou, tirées de l’ouvrage de Louis Figuier « la Terre avant le Déluge » (1864), illustrent les quatre époques de Cuvier :

  • l’Age des Reptiles (en haut, à gauche)
  • l’Age des Paléothères (en haut, à droite)
  • l’Age des Mastodonte (en bas, à gauche)
  • l’Age des Hommes (en bas, à droite).

Cuvier et l’évolution

Cuvier dans sa logique scientifique se retranche derrière les limites imposées par les faits. Il refuse ainsi les nouvelles théories évolutionnistes trop encore spéculatives.