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Célébrations et héritage

vendredi 2 janvier 2009, par Mitch

L’héritage de Cuvier

Scientifiquement, Cuvier ne laisse pas vraiment une école ; les collaborateurs de Cuvier paraissent avoir été plutôt écrasés par sa supériorité intellectuelle. Ce que laisse Cuvier, c’est une méthode d’étude des vertébrés fossiles, fondée sur certains principes d’anatomie comparée. Dans leur aspect descriptif d’inventaire des faunes disparues, la paléozoologie et surtout la paléontologie des vertébrés se développeront donc suivant des lignes cuviériennes. L’essor qu’il a donné à la paléontologie a finalement placé les naturalistes face à une histoire des êtres vivants qui ne pouvait être expliquée que par l’évolution. Paradoxalement, l’œuvre du fixiste Cuvier a contribué au triomphe final de l’évolutionnisme.

Une des grandes découvertes scientifiques de Cuvier est longtemps restée méconnue, et ne peut être appréciée à sa juste valeur que depuis assez peu de temps : il s’agit bien sûr du rôle des extinctions dans l’histoire des êtres vivants et de l’importance ponctuelle mais immense de catastrophes planétaires. Le XVIIIe siècle, celui des lumières, brille des grandes idées qu’il a vu naître ; le XIXe siècle, industriel et besogneux au sens littéral du terme, a été le siècle de la science, de la connaissance et de la quête de l’exhaustivité. Entre les deux, il y eu Georges Cuvier.

Les célébrations de Cuvier

De son vivant, Cuvier est une célébrité, en France mais aussi dans toute l’Europe. Certes, les honneurs proviennent essentiellement de la communauté savante mais comme le dit Balzac dans La Peau de chagrin, en 1831, Cuvier est l’un des plus grands hommes de l’Histoire universelle. La révélation des mondes perdus est une surprise pour les savants mais aussi pour le grand public qui se prend de passion pour ces animaux disparus.

A Montbéliard, en 1833, on pose une plaque commémorative sur sa maison natale, puis, en 1835, on élève sa statue place St Martin. En 1839, le Muséum honore lui aussi le savant disparu en posant une statue de Cuvier à l’angle des rues Cuvier et Linné. Mais, à ce jour, la plus importante manifestation dédiée à Cuvier a eu lieu en 1932 à Montbéliard. Toute la ville est décorée aux couleurs de la paléontologie ; le peintre Vitini a reproduit sur toile les animaux disparus si chers à Cuvier, et ornent la rue qui porte le nom du savant. Un Mammouth fait de métal et de bois, réalisé par Emile Blazer, circule dans toute la Ville de Montbéliard sur un châssis de camion (un Peugeot bien sûr). Enfin en 1969, paraît un timbre poste à son effigie.

Georges Cuvier est toujours vivant à Montbéliard

« Nul n’est prophète en son pays » : il semblerait que celui qui est considéré à l’étranger comme un des dix plus grands scientifiques de tous les temps, au même titre que Galilée, Newton, Aristote ou Einstein, soit sous-estimé dans sa région.

Montbéliard tente actuellement de redonner à Cuvier toute la place qu’il mérite dans sa ville natale. Au-delà de la rue piétonne du centre ville (qui porte son nom) et de sa statue de bronze érigée devant l’Hôtel de Ville, le personnage prend sa dimension scientifique au Musée du Château des Ducs de Wurtemberg, où le « Muséum Cuvier » maintient et développe l’image de ce grand homme.

Ainsi, un hommage permanent et mérité est rendu à Montbéliard, à l’un des plus grands savants du XIXe siècle, dont l’héritage nourrit encore note recherche scientifique et note pensée philosophique sur une question fondamentale : l’Homme, le Monde et ses origines.

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La statue de Cuvier, créée par David d’Angers (un ami du savant) et inaugurée le 23 avril 1835, place Saint-Martin à Montbéliard.

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Notez aux pieds du savant la représentation de la mâchoire de Mastodonte et du crâne d’un Paléothérium.

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Dans les mains de Cuvier, son dessin d’un Anoplothérium.

La Normandie se souvient elle aussi

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Ce buste de Cuvier est une reproduction de celui qui se trouve au Musée du Château des ducs de Wurtemberg, à Montbéliard.

Le 18 octobre 2008, un buste de Cuvier a été inauguré à Valmont, à deux pas du Château de Fiquainville où il a séjourné. Ceci vient rendre un juste hommage à cette période méconnue mais cruciale de la vie du savant, pendant laquelle il échaffauda ses grandes théories.