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Les grandes étapes de sa vie

vendredi 2 janvier 2009, par Mitch

L’enfant de Montbéliard (1769 – 1784)

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La maison natale de Georges Cuvier, au 22 rue sur l’Eau (aujourd’hui rue Cuvier)

Le 23 août 1769, naît à Montbéliard Jean Léopold Nicolas Frédéric Cuvier, surnommé Georges par sa mère, en souvenir d’un fils qu’elle avait perdu deux ans auparavant. Sa famille, originaire de Montécheroux (Doubs) depuis au moins 1423, est protestante. Son père, Jean Georges (v.1715-1795), est un militaire de carrière et sa mère est née Anne Clémence Catherine CHATEL (1736-1792). Georges a eu deux frères : Charles Henri Georges (1765-1767) et Georges Frédéric (1773-1838) dit Frédéric, qui deviendra un de ses collaborateurs à Paris. Sa maison natale se trouve au 22 rue Cuvier (anciennement rue sur l’Eau). Âgé d’une dizaine d’années, il découvre les œuvres de Buffon dans la bibliothèque d’un de ses grands-oncles, pasteur près de Montbéliard, à Roche-les-Blamont (Doubs). Georges fait ses études à l’Ecole Française de 1774 à 1779, puis au Gymnase de Montbéliard de 1780 à 1784.

Stuttgart, les débuts d’une passion (1784 – 1788)

Georges Cuvier à l'âge de 15 ans Georges Cuvier obtient les moyens d’étudier à l’Académie Caroline de Stuttgart. Fondée en 1770, cette Académie est un établissement d’enseignement supérieur technique, destiné à former des fonctionnaires. On enseigne notamment les finances, la réglementation des Eaux et Forêts (qui comprend aussi l’histoire naturelle), l’hygiène et le droit administratif. Cuvier reste à l’Académie Caroline de 1784 à 1788. Ses résultats sont brillants et il est admis dans l’Ordre des Chevaliers.

Normandie, la mise en place d’une méthode de travail universelle (1788 – 1795)

Psiadia glutinosa En 1788, il retourne à Montbéliard pour tenter d’y trouver un emploi. Par chance, un ami montbéliardais, Pierre-Frédéric Parrot (1767-1852 ; futur inventeur de l’électrolyse), lui propose de le remplacer comme précepteur d’une famille noble protestante, à Caen en Normandie. Là, puis au château de Fiquainville, près de Fécamp. Cuvier va pouvoir se consacrer à l’histoire naturelle sur le terrain, avec notamment la possibilité de disséquer, étudier et dessiner nombre d’animaux : il herborise, récolte des insectes, un serviteur chasse pour lui toutes sortes d’animaux et les pêcheurs locaux le fournissent en animaux marins. Son intérêt pour l’anatomie comparée s’épanouit durant ces années de relatif isolement dans la campagne normande.

Paris, le triomphe d’un génie de la science (1795 – 1832)

En avril 1795, Cuvier part pour Paris. Cuvier semble avoir utilisé sa position officielle de secrétaire de la commune du Bec-aux-Cauchois pour nouer des contacts avec différents personnages susceptibles de l’aider dans sa carrière. La carrière parisienne de Georges Cuvier débute dès 1795, lorsqu’il est nommé membre de la Commission des arts, puis membre de l’Institut. Très rapidement son activité se trouve intimement liée à l’expansion du Muséum d’histoire naturelle En 1796, il est nommé suppléant de Mertrud à la chaire du cabinet d’Anatomie des animaux, qui deviendra cabinet d ’Anatomie comparée en 1802 quand il en sera titulaire (il le demeurera jusqu’à sa mort en 1832).

Pour Cuvier, grâce à ses origines et ses expériences pluri-culturelles (wurtembergeoises, montbéliardaises, allemandes et françaises), la science est internationale. Cuvier est incontestablement l’un des propagateurs les plus efficaces de la conception républicaine, puis napoléonienne du rôle de l’Etat dans la vie scientifique, conception qui est encore grosso modo celle qui prévaut dans la France d’aujourd’hui. Cuvier parle allemand, français, latin, italien et même chaldéen. A cet égard, il annonce la foi en la toute-puissance de la science qui caractérisera une bonne partie du XIXe siècle.

Cuvier à son arrivée à Paris, en 1795 Si Cuvier vit l’Ancien Régime (1788-1789) en Normandie, il supporte le mieux du monde 6 régimes différents au cours de sa carrière à Paris : la Révolution (1789-1795), le Directoire (1795-1799), le Consulat (1799-1804), l’Empire (1804-1815), la Restauration (1815-1830) et enfin la Monarchie de Juillet (1830-1832). Il sera même nommé Baron et Pair de France.
Si Cuvier est célèbre pour ses travaux scientifiques, il mène pourtant de front une seconde carrière administrative ; en effet, Napoléon lui confie en 1802 l’organisation de l’Enseignement en France en le nommant Inspecteur général de l’Instruction Publique puis conseiller de l’Université en 1808. Cuvier voyage dans toute l’Europe non seulement pour étudier (et rapporter) des collections zoologiques, mais aussi pour s’inspirer des méthodes d’enseignement locales. D’Italie, il ramène l’agrégation. Des Pays-Bas, Cuvier ramène l’enseignement élémentaire, celui-là même qu’il a connu enfant à Montbéliard où, cent ans avant Jules Ferry, l’enseignement primaire était obligatoire et gratuit au Pays de Montbéliard.

D’ailleurs, pendant cette période parisienne, Georges Cuvier ne manque pas d’adversaires au sein même du Muséum d’histoire naturelle : il a maille à partir avec Lamarck, et surtout Etienne Geoffroy Saint-Hilaire. Au-delà des divergences scientifiques, on lui reproche d’avoir profité de sa position d’homme d’état au gré des différents régimes politiques qui se succèdent.

Les collaborateurs montbéliardais de Georges Cuvier

A Paris, Georges Cuvier cherche à s’entourer de collaborateurs en provenance de Montbéliard et, en premier lieu, son propre frère : Frédéric né en 1773. Georges appelle Frédéric au Muséum, en 1797. En 1803, il devient directeur de la Ménagerie et, en 1824, il publie l’Histoire Naturelle des Mammifères ainsi que l’Histoire des Cétacés. En 1830, il est nommé, après la révolution de juillet, Inspecteur Général d ’Académie. Il meurt le 17 juillet 1838 à Strasbourg.

Georges appelle auprès de lui, en 1801-02, un ami de la famille : Georges Louis Duvernoy. Né en 1777. Mais pour diverses raisons, Duvernoy doit retourner à Montbéliard et en trente ans, les deux Georges ne cohabitent ensemble que quelques mois. Malgré cela, son apport à l’œuvre de Cuvier est considérable. En 1837, Duvernoy reprend le poste de Cuvier à la chaire d’Histoire Naturelle. Il meurt en 1855.

Charles Laurillard, le troisième des collaborateurs montbéliardais de Cuvier, est né le 21 janvier 1783. Il est engagé comme secrétaire (1804) et prépare les fossiles et les dessine. Il devient aussi l’ami intime du savant. Charles Laurillard meurt en 1853.

La vie privée et la personnalité de Georges Cuvier

Cuvier ne revient qu’une fois à Montbéliard pour épouser, le 2 février 1804, Anne-Marie Duvaucel, née Coquet de Trayzaile, veuve d’un fermier-général qui avait été guillotiné sous la Terreur. Elle avait quatre enfants de ce premier mariage : une fille, Sophie, et trois fils, dont l’un, Alfred Duvaucel, qui devient naturaliste auprès de Cuvier. Anne-Marie Duvaucel donne à Cuvier quatre enfants, deux garçons et deux filles, qui tous meurent jeunes. Un fils mort-né en 1804, un fils Georges, né en 1806 mort en 1813 d’une méningite, une fille, Anne, née en 1808 et morte en 1812 et Clémentine, née en 1805, qui succombe à la tuberculose en 1827, à l’âge de 22 ans, une semaine avant de se marier.

Cuvier s’éteint à l’âge de 63 ans le 13 mai 1832, après une brève maladie. Il meurt alors qu’une épidémie de choléra ravage la France, mais contrairement à ce que l’on a parfois écrit, il ne semble pas que Cuvier en ait été victime. Il est enterré au Père Lachaise.



info portfolio

Château de Fiquainville, près de Valmont, en Normandie