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Le Diairi

dimanche 30 janvier 2005

Premier couplet

Pourquoi filles de nos villages
Pourquoi voulez-vous délaisser
Ce beau diairi qu’à tous les âges
Nos grands-mères aimaient à porter,
Pour un chapeau de forme étrange
Qui dénature vos attraits ?
Chaque saison la mode change,
Le diairi ne change jamais !

REFRAIN

Beau diairi des anciens âges
Du vieux temps charmant souvenir
Reviens, reviens dans nos villages
Dans nos villages revient diairi
Pour l’avenir.

Deuxième couplet

Blanc diairi que porte ma mie
Brodé d’or et semé de fleurs
C’est toi qui la rend si jolie
Et qui relève ses couleurs.
Tes rubans de nuances tendres
Bordent ses joues non sans laisser
La place où le galant peut prendre
Furtivement un doux baiser. (refrain)

Troisième couplet

Quand surmontant un front que penche
Le poids du labeur et des ans,
Couronnant une tête blanche
Du flot mouvant de tes rubans,
Tu n’es plus qu’une coiffe unie
Mais tu fais songer au bon temps
Où la grand-mère était jolie
Où le grand-père avait vingt ans. (refrain)

Quatrième couplet

Les jours de fête quand la danse
Réunit les couples joyeux
Qui tourbillonnent en cadence,
Beaux diairi aux reflets joyeux,
J’aime à vous voir sous la charmille
Scintillants aux mille couleurs
Et faisant de nos belles filles
De ravissants bouquets de fleurs. (refrain)

Cinquième couplet

Diairi qui plaît à tout le monde,
Superbe sur de noirs cheveux,
Charmant sur une tête blonde,
Sévère sur un front neigeux,
Reviens encore dans nos villages
Reviens toujours charmer nos yeux,
Rappelant les anciens usages
Et le respect de nos aïeux. (refrain)

En 1649, des vaudois du piémont, persécutés pour leurs croyances religieuses, se réfugièrent dans notre pays, où ils apportèrent, dit-on, l’usage et la fabrication du serré (lait caillé, pressé et égoutté) le charmant costume porté naguère encore par nos paysannes protestantes et le bonnet à diairi (P. de Resner, dans son Abrégé d’histoire du pays de Montbéliard, page 212).

« Le Diairi » ne peut se ranger dans ce que l’on appelle les chants folkloriques, mais sa popularité, encore aujourd’hui, est telle que certains le considère a juste titre comme l’hymne du pays de Montbéliard.
Aristide Jodry a su exprimer magnifiquement la nostalgie de ceux qui voyaient disparaître la coiffe brodée de nos ancêtre, encore si recherchée aujourd’hui par les collectionneurs du cru.
Il n’est pas rare, à présent, de voir se terminer un repas d’amis ou de société, une fête de gens du pays par l’exécution du « diairi » dont les refrains sont repris en chœur par les convives avec une ferveur qui fait plaisir à voir.
Pour bien connaître le bonnet à diairi, lire l’ouvrage d’Emile Blazer La diaichotte et le bonnet à diairi.