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Le rouge-gorge familier en Franche-Comté

samedi 29 janvier 2011, par Domi

Combien d’entre nous ont pu observer ce petit oiseau, pas timide du tout, qui vient jusqu’aux pieds du jardinier pour glaner quelques insectes ?

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Cet ami précieux du jardinier est un excellent prédateur des nuisibles du jardin.
Si sa familiarité avec les hommes est légendaire elle est loin d’être désintéressée. En effet, le rouge-gorge sait très bien que là où le jardinier bêche, les vers de terre ne sont pas loin !

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C’est aussi sans doute une des espèces les plus faciles à observer et à identifier : les joues sont rouges, le tour de l’œil, la gorge et la poitrine d’une couleur orange qui tranche nettement avec son ventre blanc, enfin le dos est brun olive, lavé de gris.

C’est un oiseau qui ne tient pas en place, il hoche de la queue et réalise des mouvements nerveux avec ses ailes.

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Baies

Il se tient sur les branches basses et surtout au sol où il trouve sa nourriture composée en grande partie d’insectes, de gastéropodes, de vers, mais aussi de petites graines, de fruits et de baies.

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Reproduction

A cette période de l’année (mai - juin), il se fait très discret et cache son nid dans un talus, sous une souche ou encore dans un endroit complètement inattendu, comme une vieille boîte, dans une remise, etc.

La femelle construit le nid en le cachant dans la végétation dense. C’est une structure en forme de dôme faite avec des feuilles, de la mousse et des plumes, tapissée de radicelles et de poils.

La femelle dépose 5 à 7 œufs blancs avec des taches rouges. L’incubation dure de 11 à 14 jours, assurée par la femelle nourrie trois fois par heure par le mâle.
Les petits quittent le nid au bout de 12 à 15 jours après la naissance et deviennent indépendants à l’âge de trois semaines.
Cette espèce produit deux à trois couvées par an.

C’est aussi l’époque où le rouge-gorge est très agressif : il fait preuve d’une rare intolérance et défend son territoire contre tout intrus qui en franchit les limites.
Il n’est pas rare de le voir s’acharner sur son propre reflet ou encore sur un bout de chiffon rouge orangé.

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Talent caché du rouge-gorge

Le rouge-gorge est sans conteste l’un de nos meilleurs virtuoses. La mélancolie de sa mélodie est d’un charme discret lorsqu’elle retentit, tôt le matin ou tard le soir, d’un sous-bois jauni par l’automne.

Car, à la différence de nombreux oiseaux, le chant du rouge-gorge ne se limite pas à la seule saison des amours : même au cœur de l’hiver, il clame encore ses titres de propriété.

Fait peu banal chez les passereaux, certaines femelles de rouges-gorges se mettent à leur tour à chanter là où elles hivernent.

La ritournelle de notre oiseau est d’ailleurs beaucoup plus sophistiquée qu’il n’y paraît, puisqu’un spécialiste français en bioacoustique y a décelé 250 éléments différenciés et un répertoire de 1 300 motifs, rien de moins !

Écoutez et regardez.
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Présence en Franche-Comté

Il est présent dans toutes les forêts de Franche-Comté toute l’année, mais ceux qui nichent au-dessus de 1000 mètres ne restent pas en hiver, ils migrent plus bas en altitude ou ailleurs.

Certains passent la mauvaise saison sur le bord des cours d’eau ou aux abords des villages.

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Comment peut-on l’aider ?

L’hiver et une période difficile pour tous les oiseaux et le rouge-gorge est adepte des mangeoires, où il se régale tout particulièrement des vers de farine. Il peut aussi se nourrir de petites graines, de noix, d’avoine, de pudding pour oiseaux, etc.
Le rouge-gorge adore le beurre et la margarine. Il accepte les miettes de pain, la graisse, les débris de viande et de pommes de terre.
Certains rouges-gorges mangent les cacahouètes placées dans un filet.

Associal, il ne partage les mangeoires avec les autres rouges-gorges qu’en période de disette.

Les rouges-gorges recherchent leur nourriture surtout au sol : mettre les aliments à l’abri de la pluie et sur le sol.
Surtout faire attention aux chats, car c’est un oiseau qui paye un lourd tribut au gentil petit félin de nos maisons.

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Les nichoirs sont utiles aussi

Voici différents types de nichoirs : nichoir à grande ouverture, nichoir ouvert ou semi-ouvert.

Il faut un plancher intérieur de 100 x 100 mm au minimum. De vieux récipients en étain, cruches ou autres d’une contenance minimale de 25 cl, situés à l’ombre et perforés pour que l’eau de pluie puisse s’écouler, feront parfaitement l’affaire.
Attachez le nichoir sur un arbre à une hauteur d’environ 1,5 mètre.
Comme c’est un oiseau très territorial, ne mettez qu’un seul nichoir.

D’ailleurs, ces nichoirs peuvent être occupés aussi par d’autres oiseaux, comme les rouges-queues ou encore les bergeronnettes.

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Le rouge-gorge a une légende. Voulez-vous la connaitre ?

On dit que la couleur du rouge-gorge se rattache à la mort de Jésus.
En effet, en ce temps là, ce n’était qu’un modeste oiseau au plumage brunâtre. Le jour de la Passion, il s’approcha bravement du supplicié sur le poteau. De ses ailes, il essuya les larmes du Christ ; de son bec il arracha les épines qui lui blessaient la tête, lorsqu’une goutte de sang tomba sur sa gorge, colorant à jamais son humble plumage.

Belle légende qui le rend encore plus attachant n’est-ce pas ?

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Ce bel oiseau mérite bien un poème pour terminer

Le Rouge-Gorge

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Laboureur bienfaisant, ouvre-moi ta fenêtre.
L’hiver glace mon corps et je ne trouve plus
A glaner dans les champs. La bise me pénètre ;
Plein de neige est mon nid, bâti sur le talus.

Dans ta chaumine au coin, quelque grains superflu,
C’est un bonheur pour moi, si chétif petit être.
Donne, ô bon paysan, et parmi les élus
Le Seigneur tout-puissant saura te reconnaître.

Jadis, quand sur la croix le doux Jésus mourait,
Un petit passereau, craintif, qui murmurait
Son humble chant, perché sur un plant d’aubépine.
Volant timidement vers l’Homme-Dieu sanglant,
Appuya son cœur pur sur le sein pantelant.
Le sang divin depuis empourpra sa poitrine.

Paul LORANS

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Alors profitons de nos prochains travaux jardiniers pour être accompagnés de ce compagnon ailé.

Prenons le temps de l’observer ; peut-être même viendra-t-il manger quelques vers dans notre main, présentée au ras du sol. Nous n’oublierons alors jamais ce moment rare passé avec ce petit compagnon jardinier.


P.-S.

Photos de Dominique et Jean-Marie Michelat et de Mireille Bourgeois.
Merci beaucoup.