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La buse variable en Franche-Comté

mercredi 15 juin 2011, par Domi

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S’il est un rapace qu’on ne présente plus, c’est bien la buse variable !

C’est en effet le rapace le plus répandu de Franche-Comté !

Son observation est facile à la belle saison, que ce soit en lisière de forêt, dans les bosquets, ou encore sur les piquets aux bords des routes.

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Comment l’identifier ?

Comme l’indique son nom ’Buse variable’, son plumage présente de très nombreuses variations, il est donc difficile de dégager une collation type.

Le dos est généralement brunâtre, ventre et poitrail sont bruns et blancs. Les proportions de blanc et de brun sont sujettes à de grandes variations : blanc, brun, noirâtre !

La coloration du plumage n’est donc pas le meilleur critère de détermination, ce sont surtout sa silhouette, son comportement et son habitat qui le sont.

1) Sa silhouette

Longue, trapue, posée bien droite, tête ronde, épaules larges, queue courte légèrement arrondie à son extrémité.
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2) Son vol

Longs vols planés, ailes arrondies à leurs extrémités, tête peu proéminente, queue étalée et bien ronde.

Le vol consiste en de courtes séries de battements d’ailes interrompus par de longues glissades planées.

_ Elle peu aussi monter et descendre en spirale, utilisant les ascenseurs thermiques pour se déplacer sur des longues distances tout en modérant ses efforts.

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3) Son habitat

L’aire de répartition de la buse variable couvre toute la France.

La buse affectionne des milieux légèrement différents selon l’époque de l’année :

  • pendant la nidification, elle préfère les bosquets et les petits massifs boisés où elle pourra installer son nid ; son territoire à cette époque comprend des prairies et des champs et clairières.
  • en hiver, ce sont les plaines, les plateaux bien dégagés ainsi que les étendues cultivées, parsemées quelques fois de haies, qui ont sa préférence.



C’est d’ailleurs à cette saison qu’il est facile de l’observer. Il n’est pas rare de voir plusieurs dizaines d’individus ensemble, la grande majorité étant des oiseaux en migration.

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Reproduction

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Fin février - début mars, les buses sont souvent en groupe de 3 à 5 individus en vol ; pendant ses vols planés, la buse émet des ’miaulement’ entrecoupés de vols acrobatiques, de piqués ailes fermées, de chute de paliers.

Lorsque le couple est formé, ces vols se transforment en longs vols planés circulaires, aidés par les courant ascendants.

La ponte de 2 à 4 œufs à lieu en avril. La femelle couve pratiquement seule pendant 5 semaines, jusqu’à l’éclosion.
Elle continue à couver les petits pendant encore une semaine, en les nourrissant avec les proies que lui apporte le mâle.

A 46 jours environs, les petits s’envolent ; ils seront encore pris en charge pendant 2 mois.

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La chasse et le régime alimentaire

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La buse variable chasse à l’affût : le plus souvent à terre ou depuis un perchoir, elle attend de longs moments en scrutant attentivement le sol. Le moindre mouvement l’alerte ! Alors elle fond sur sa proie, la tue, puis soit la dépèce sur place et la mange, soit la transporte plus loin, voire à son aire pour ses petits.

Le régime alimentaire est varié, et aussi lié à son mode de chasse.
La grande majorité de ses proies sont les campagnols des champs, quelques gros insectes et, en appoint, une quantité importante de vers de terre. En hiver, le régime alimentaire est exclusivement de campagnols des champs, alors qu’en été le régime est vraiment diversifié.

L’analyse de 188 pelotes de réjection trouvées en janvier et février sur les plateaux d’Amancey et de Nancray donnait comme résultat :

  • 92.4% de Microtidés (campagnol)
  • 2.4 % de Muridés (mulot)
  • 0.8 % d’insectivores (musaraignes)
  • 4% de gros insectes
  • 1% de corvidé (sans doute une carcasse) pour un total de 250 proies.

Il est donc incontestable que la buse oriente son régime alimentaire vers les petits rongeurs, contribuant ainsi à la régulation de ces animaux.
Elle ne mérite en aucun cas son surnom populaire de « Bête aux poules », mais plutôt celui de « bête aux campagnols » !

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Dangers

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Si aujourd’hui la buse variable semble être le rapace le plus commun de tous, il n’en est pas moins en danger.

L’un des plus grand est le traitement à la Bromadialone : c’est un anticoagulant dont la toxicité a été démontrée chez les oiseaux, les poissons et les invertébrés aquatiques vivants dans l’eau ou le sédiment. Cette éco-toxicité, démontrée d’abord en laboratoire, a été depuis retrouvée en milieu ouvert.
Chez l’animal, la bromadiolone présente une toxicité aiguë par voie orale et par inhalation, une toxicité sur la reproduction et le développement, et possède un effet cancérigène.

La destruction de son habitat aussi à un impact sur la population de buses.

Il faut aussi citer les contre-vérités qui restent dans l’esprit de beaucoup d’entre nous, en particulier dans nos campagnes.
Par exemple, celui de « bête aux poules » fait passer la buse pour un oiseau nuisible et dangereux, alors qu’il n’est en rien ! Il faut savoir que la buse est incapable de capture une volaille, trop rapide et forte pour elle. On la confond alors avec l’Autour des Palombes qui, lui, n’hésite pas à s’attaquer aux poules.
Cela lui vaut encore aujourd’hui de recevoir un coup de fusil, bien qu’elle soit une espèce protégée depuis 1972.

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Pour conclure

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La buse ne présente aucun danger pour le gibier, les volailles et les animaux de compagnie. Au contraire, elle est une précieuse auxiliaire pour la régulation des population de campagnols.

Prenons donc le temps de l’observer lors de nos sorties : avec une bonne paire de jumelles, nous pourrons détailler son plumage et admirer ce bel oiseau, d’un naturel peu farouche, qui peuple nos belles contrées.

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Remerciement et photos de Dominique et Jean-Marie Michelat et www.oiseau.net



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