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La Chapelle Notre-Dame de Consolation

mercredi 7 juillet 2010, par Mitch

La légende de François de la Palud

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Les vitraux sont datés de la fin du XIXe siècle. Certains rappellent l’origine de ce sanctuaire, ceux du choeur représentent St Ferréol et St Ferjeux, premiers apôtres de Franche-Comté.

L’histoire de cette chapelle est liée à celle de François-Ferdinand de la Palud, sire de Varambon.

Ce seigneur comtois, parti en croisade en Palestine, fut fait prisonnier et enchaîné pendant des années. Une soir, il promit avec ferveur à la Vierge de lui ériger une chapelle s’il était délivré. Et voici qu’il se réveilla le lendemain matin, couché sous un tilleul, au bord d’un ruisseau, ses chaînes brisées : il était libre !

De retour en Franche-Comté, il retrouva son château et son épouse Jeanne (qui était sur le point de se remarier) et tint sa promesse, ordonnant la construction de la chapelle dédiée à Notre-Dame de Consolation, puis du monastères des Minimes.

Plus tard, François de la Palud prit pour maîtresse une misérable paysanne de Gigot. Pendant l’une de ses absences, son épouse légitime se rendit chez sa rivale : « mon époux est habitué au confort. Que l’on apporte ici meubles solides et ligne fin ! Et vous, ma fille, apprenez ce qui rend mon seigneur heureux ! »

Lorsque le sire de Varambon mourut, il léga le château et les terres attenantes à son fils, et la charge d’abbé de Vaucluse au fils de sa maîtresse.

Un mausolée en son hommage

François-Ferdinand de la Palud ordonna sa construction en 1654, peu de temps avant de décéder. Il fallu attendre jusqu’en 1682 pour exaucer le voeu du marquis de reposer dans la chapelle.

Sa veuve Marie-Henriette de Cusance fit ériger un mausolée en l’honneur de son défunt mari. Ses sculptures très fines en marbre blanc en font l’un des plus beaux de la région.
On peut y lire des louanges sur la bravoure du marquis de Varambon.

On trouve également une plaque commémorative en bois qui, en latin, dit ceci :
Ici repose
François Ferdinand de la Palud
Marquis de Varambon
Il fut pendant sa vie l’unique héritier d’un si grand nom
A sa mort il fut le dernier qui le porta
Il ne cédait à personne
Celui en qui
La gloire acquise par ses nobles aïeux pendant tant de siècles
Les richesses de tant de seigneurs très puissants
L’éclat de tant de charges exercées
A la cour des empereurs et des rois
Par sa noble famille
Les lauriers de tant de commandants militaires
Les insignes en tant que chevalier à la Toison d’Or
Les honneurs de tant de grands prélats
Les titres et les trophées des illustres maisons
De Neufchatel de la Palud, de Tournon,
De Mataucourt, de Chabot
Enfin, le sang de tant de héros
Avaient revécu pour de grandes et brillantes espérances
Si les destins l’ussent permis
Mais ô douleur ! Un si bel astre n’a brillé qu’un instant !
Et il gît, déposé sous ce marbre,
Celui qui, par son courage, sa libéralité, la douceur de ses moeurs
Et toutes les vertus royales qui faisaient sa couronne
Fut pour tout objet de délices !
A élevé
Marie Henriette de Cusance et de Vergy, son épouse chérie
Comme un gage de sa fidélité à jamais
Ce monument sacré que son très illustre époux
Vouloir avoir
Dans l’église dédiée à la Vierge Consolatrice
Et concédée aux religieux Minimes
L’an 1670 après Jésus-Christ.

Une nouvelle vie pour la Chapelle

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L’autel et le retable monumental ont été édifiés sur ordre du Cardinal de Rohan au XIXe siècle. Le tableau représente la présentation de Jésus au temple. Les stalles de bois sculpté dans le style Régence sont ornés de bas-reliefs rappelant l’Ancien Testament, la Passion et le Culte Chrétien. Elles sont classées.

Peu après la Révolution Française, les Pères Minimes furent chassés. Les biens du monastères, d’abord saisis, puis dispersés, disparurent.
Le mausolée, violé et déplacé, restera tout de même dans la Chapelle.
Celle-ci sera transformée en grange à fourrage.

Le site n’est revenu à une vie religieuse qu’en 1827 : racheté et transformé en séminaire, de nombreux prêtres sont venus s’y former jusqu’en 1905, puis entre 1920 et 1978.

Le site fut alors transformé en centre d’accueil, géré par la Fondation du Val de Consolation. Celle-ci assure une triple activité culturelle, spirituelle et, touristique :

  • le développement des sciences de la nature, des animations et activités culturelles ;
  • le soutien au centre Notre-Dame de Consolation ;
  • l’accueil des visiteurs du site.

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Le portail, restauré en 1899

La porte intérieure et la balustrade de la tribune sont classées. On peut observer de très fines sculptures en bas-relief.

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La chapelle dédié à Notre-Dame de Consolation. La chaire de style Louis XIV, sur laquelle on peut admirer les Evangélistes et l’apôtre Simon-Pierre, est classée.

Voir en ligne : la Fondation du Val de Consolation



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