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Le chevreuil européen de Franche-Comté

mercredi 2 décembre 2009, par Domi

Qui d’entre nous, au hasard d’une balade, n’a pas surpris ce bel animal qu’est le chevreuil ?
Notre première rencontre s’est éventuellement résumée à entre-apercevoir son derrière blanc disparaître rapidement entre les troncs ?
Mais peut-être, avec le temps, avons-nous pu le regarder vivre incognito, des heures durant, après s’être camouflé ?

C’est un animal attachant de nos belles forêts comtoises.

Faisons plus ample connaissance avec ce cervidé !

Le chevreuil est un mammifère. Il est le plus petit des cervidés autochtones. En effet, un adulte mesure entre 60 à 80 cm, pour un poids pouvant atteindre 30 kg en moyenne.
Seul le mâle, appelé brocard, porte des bois, qui tombent au début de l’hiver, puis qui repoussent dans le velours pour être complètement formés en mai.

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Brocard

Habitat

Le chevreuil est avant tout un animal forestier. Quoique ! Depuis les années 75, on parle aussi de chevreuil de plaine. Il peut évoluer aussi bien les fourrés les plus denses que les clairières.
Il a une capacité d’adaptation assez étendue : on peut le rencontrer à plus de 2000 mètres d’altitude en été.

Chevrette

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Alimentation
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Le chevreuil se nourrit surtout de feuilles d’arbres, de jeunes pousses, de rameaux, de feuilles de ronces, mais aussi d’herbes, de baies et même de champignons.
Au fil des saisons, il adapte son alimentation selon ce que Mère Nature lui propose.
Quelques fois il consomme des bourgeons et des fleurs, nourritures riche en sucre, qui fermentent dans son appareil digestif et peuvent le « saouler ». C’est ainsi que l’on peut observer des animaux tituber on ne semblant plus craindre l’homme.

Brocard

Reproduction

Le rut se déroule au cœur de l’été, de fin juillet à mi-août, chaque mâle défendant un secteur qui varie et qui peut atteindre une trentaine d’hectares.
Le brocard marque son territoire par un moyen olfactif, glandes situées sur le front.
Il frotte ces bois contre les branches et petits arbres et laisse des marques nommés « frottis ».
Pendant cette période, le brocard est assez agressif, et il n’est pas rare qu’il poursuive inlassablement les femelles jusqu’à l’accouplement.
La femelle, ou chevrette, tourne parfois autour d’un buisson et le passage répété des deux animaux forme des cercles appelés « ronds de sorcière ».
Ces courses folles font perdre toute prudence aux animaux qui s’aventurent alors à proximité des habitations.

Retenons une des particularités de la reproduction du chevreuil : après l’accouplement, le développement de l’embryon est bloqué puis reprend en janvier. La mise à bas a lieu entre fin avril et début juin selon la région.
La portée est, en général, de un à trois faons, le plus souvent deux .
La mise à bas a lieu généralement dans les prairies ou les grandes herbes pour offrir le plus de protection possible aux jeunes.

Malheureusement, les fauches de plus en plus précoces tuent de nombreux individus.
Les faons ont un pelage tacheté qu’ils gardent pendant 2 mois. Ils s’émancipent vers l’âge de 10 mois .
Il ne faut surtout jamais toucher un faon qui nous semble abandonné : sa mère n’est jamais très loin, et l’odeur que portera le faon aura pour conséquence l’abandon maternel.

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Faons
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Chevrettes

Situation du chevreuil en Franche-Comté


En Franche-Comté, le chevreuil est un animal connu dans tout le massif forestier.
Mais ce ne fut pas toujours le cas, victime de la chasse excessive.
Aujourd’hui néanmoins, les densités sont plus fortes en plaine qu’en montagne.
D’ailleurs, à partir d’une certaine densité, le chevreuil développe des mécanismes d’autorégulation.
Il a été constaté que, quand la population de chevreuils est concentrée, les animaux sont plus petits et les chevrettes mettent au monde moins de faons avec une mortalité plus importante.


Régulation

Le chevreuil est un des rares animaux de France qui ne cesse d’augmenter années après années.
C’est la chasse qui régule les populations de chevreuil.
En 1979 , la Fédération des chasseurs a mis en place un « plan de chasse » qui consiste à compter les individus, et à prévoir le nombre de ceux qui, à l’automne suivant, seront de trop par rapport à l’équilibre naturel de la forêt.

Le renard est aussi un prédateur, surtout sur les faons. Mais le lynx est l’ennemi premier du chevreuil. Il est également, à la différence des chasseurs, un vétérinaire naturel, en éliminant les individus malades et/ou faibles.
Le lynx ne fait pas concurrence aux chasseurs : sur les 1000 à 2000 chevreuils qui peuplent son immense territoire, celui-ci boulotte en moyenne un chevreuil par semaine.

Et pour finir quelques conseils pour l’observer...

Préférer sortir tôt le matin ou tard le soir, et arriver une bonne heure avant le coucher du soleil.

Être discret, pas de bruit. Au moindre son ou mouvement trop brusque, celui-ci va s’enfuir en prévenant tous ses collègues par un aboiement .

S’habiller d’une façon discrète, vêtements de couleur nature (vert brun, gris, etc.) , et « casser sa silhouette » par un chapeau par exemple.

S’équiper d’une bonne paire de jumelles (8 x 30 ou 10 x 40, c’est très bien). Un télescope c’est encore mieux !

Bien choisir son endroit, observer certains signes ou traces laissés par le chevreuil : lisière de forêt ou bois ouvrant sur des champs, ou prairies.

Préférer se placer à l’ouest : il est préférable que ce soit le chevreuil qui se fasse éblouir par les rayons du soleil couchant plutôt que l’observateur. Penser à essayer d’être toujours face au vent.

Voilà !
Vous en savez un peu plus sur l’hôte de nos forêts, le chevreuil ! C’est un animal discret mais attachant. Il est facile de l’observer en mettant tous les atouts de son coté.

Alors bonne balade et bonnes observations ! !

Un grand merci pour les photos à :

Et aux amis de toujours Jean-Marie et Dominique Michelat.