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Le Renard Roux ou la vie de Maître Goupil

Noms populaires : Renai, Renâ, Rnâ, Voupe, Goupil

jeudi 2 avril 2009, par Domi

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Nul besoin de vous faire une longue présentation de renard , sans doute le plus sympathique de la faune Franc Comtoise.
Qui d’entre nous au cours de balades champêtres, n’a pas rencontré juste un instant ce bel animal se faufilant dans une haie ou un bosquet ?
Qui ne l’a jamais observé en train de muloter dans un champ fauché ?

Quoiqu’il en soit, c’est toujours une grande émotion que le croiser au détour d’un chemin !

Description

Généralement, le renard arbore une magnifique fourrure rousse.
Sa gorge et ses lèvres sont blanches et une larme noire semble couler de l’œil jusqu’au museau.
Des oreilles pointues, des pattes trempées dans la suie, une touffe blanche à l’extrémité de la queue... et voilà Maître Goupil revêtu de ses atours .

Certains renards ont le ventre, la gorge et la pointe de la queue noirâtre, et sont d’un roux plus sombre : on les appelle renards charbonniers (*)

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Reproduction

Le rut a lieu entre janvier et février. La mise bas, 7 à 8 semaines plus tard dans un abri, le plus souvent un terrier.
En moyenne la femelle a 4 à 6 petits.
Il est à noter, qu’en adaptation au milieu, la fécondité peut varier selon l’abondance et la qualité de nourriture disponible !
Les premières semaines ,les renardeaux restent au terrier, mais très vite ils exploreront les alentours de leur terrier et il n’est pas rare de pouvoir les observer, jouant et se chamaillant même en plein jour.

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Le terrier

Le terrier est constitué d’une galerie principale, débouchant sur un « observatoire ». A cet endroit, le renard s’arrête et observe quelques minutes avant de mettre le museau dehors s’assurant ainsi qu’il n’y a aucun danger.
Il est composé de plusieurs sorties de secours qui sont dissimulées dans des endroits touffus et discrets .

A noter que le renard « squatte » souvent le terrier du blaireau, mais la cohabitation ne pose pas de problème, car chacun peut occuper une partie de ce très grand terrier sans gêner l’autre.

Régime Alimentaire

Le plaisir de Maître Goupil, c’est la chasse au campagnol : en effet durant les périodes de pullulation, il représente de 50 à 70 % de ses proies.
Nous avons tous pu l’observer une belle journée dans une prairie fraîchement fauchée, les oreilles pointées et le museau braqué vers le sol, et bondissant soudain, retomber sur les quatre pattes jointes sur sa proie.
Quel spectacle fascinant !

Quelques insectes, vers de terre, et autres rongeurs font aussi partie de son ordinaire.
En automne les baies de nos forêts lui fournissent également un complément alimentaire.
Le lièvre et le petit gibier constituent moins de 5% de ses proies, même s’il lui arrive quelques fois de croquer une volaille imprudente !

Mais n’oublions pas qu’il nous débarrasse chaque année de plus de 6000 rongeurs, ces derniers ayant une capacité de reproduction impressionnante : plusieurs dizaines de milliers chaque année !

Cela en fait un solide allié pour l’agriculteur !

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Répartition

Le renard a une faculté d’adaptation remarquable et il est présent dans toute la Franche Comté.
Il s’aventure quelques fois dans les villages et les villes, le plus souvent pour y trouver de la nourriture.
Il peut aussi occasionnellement y trouver refuge, même dans les grandes villes !

Chaque nuit, il parcourt plusieurs dizaines de kilomètres et exploite les milieux ouverts (prairies , pâturages , bocage)

Et pour finir...

Les populations de renards ont subi de fortes variantes au cours des quarante dernières années.

En effet, en 1968, l’arrivée de la rage en France et les campagnes de « destruction massive » se sont traduites par une forte baisse des effectifs !
Depuis 1986 en France, des campagnes de vaccination orale (des renards et des carnassiers en général) a permis d’éradiquer cette maladie.

Vers les années 90, un autre danger est arrivé pour notre renard avec la vaste campagne d’empoissonnement du campagnol terrestre à la bromodiolone.
Cela s’est traduit par une mortalité très importante : aujourd’hui, certains secteurs n’ont toujours pas retrouvé leurs effectifs d’antan.

Le renard peut être aussi le vecteur de l’échinococcose alvéolaire, maladie causée par un ver intestinal proche du ténia : les vers adultes s’y développent sans le rendre malade et il rejette les œufs dans ses excréments.

Pour nous en protéger, il convient donc d’éviter les fruits et légumes ayant pu être souillés par le renard.
Cuits ils ne représentent plus de danger : alors surtout n’oublions pas de nous laver les mains après avoir manipulé de la terre ou un animal susceptible d’être porteur de la maladie (en particulier nos animaux domestiques, chat ou chien).

A travers la Comté, le renard fait partie de notre environnement naturel et culturel.
Beaucoup d’expressions populaires se rapportent à notre vagabond roux :

  • Par exemple ne disait on pas qu’un enfant « faisait le renard » en parlant d’école buissonnière ?
  • Tromper quelqu’un se traduisait par « renarder ».
  • Lorsque des volutes de vapeur d’eau montent au-dessus de la forêt ou au flanc de montagne, on utilise communément cette expression « les renards font au four » (signe que le beau temps se rétablit)
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Prenons le temps d’observer et d’apprécier à chaque fois que nous aurons l’occasion de le croiser, ce gentil et superbe Goupil.

(*) Ce nom amusant lui a été donné par les bûcherons d’autrefois, à une époque où l’on fabriquait encore le charbon de bois dans nos forêts.

Un grand merci à Jean-Marie et Dominique Michelat pour les photos