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Histoire géologique de la Franche-Comté (ères Tertiaire et Quaternaire)

lundi 29 décembre 2008, par Eustache

Comment nos paysages franc-comtois, si contrastés du Nord au Sud, ont-ils été façonnés ?

Pour le savoir, replongeons nous un instant dans l’histoire géologique de notre région...

Voici les ères Tertiaire et Quaternaire : elles sont très courtes, au regard des deux premières, mais c’est au cours de ces périodes que se sont façonnés nos paysages actuels...

L’ère tertiaire

Le Jura émergé est parcouru par des fleuves torrentiels et subit une forte érosion qui affecte les derniers dépôts.

Durant l’Eocène (- 45 Ma), les calcaires du Crétacé sont altérés, et le relief karstique se développe.
Il piège les résidus ferreux de la croûte calcaire du début de l’ère tertiaire.

C’est l’érosion de surface qui nous offre aujourd’hui les lapiaz et l’amorce de la dissolution en profondeur (érosion toujours active) qui nous donnera d’extraordinaires réseaux de galeries souterraines.

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Durant l’Oligocène (-30Ma), le socle et sa couverture sédimentaire, sous l’effet de la pression de la plaque alpine, subissent un bombement qui engendre la fracturation des terrains.

Les dépôts molasiques de l’érosion (conglomérats, dépôts argileux, sableux et calcaires) s’accumulent dans les bassins bressan, rhénan et suisse.

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Durant le Miocène, la compression alpine va provoquer le décollement de la couverture au niveau des terrains marneux et salifères du Trias.
Le plissement de la chaîne jurassienne va s’opérer, dans un jeu de glissements et de chevauchements le long des failles.

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La formation des plissements jurassiens
A l’origine de ces bouleversements de surface, la collision des plaques tectoniques européenne et africaine : au point de contact, la région alpine va se soulever et se déformer. Puis la déformation va se propager au Jura, épargnant la plaine Suisse prise sous le poids de la molasse.

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A la fin de l’ère tertiaire, le fleuve géant Rhin/Aar, issu de l’arc alpin, s’est trouvé dévié en direction du Doubs, et a déposé de larges bancs de cailloutis d’origine alpine, qui forment dans la région doloise, l’ilot de la forêt de Chaux.

L’ère quaternaire

L’ère quaternaire est principalement marquée par une alternance de périodes de glaciations récurrentes.

Les Vosges et le Jura ont chacun été recouverts par une calotte glaciaire.

  • La glaciation du Riss (Max. vers 120 000 ans) : le glacier du Jura était indépendant du grand glacier alpin.
    Accroché à la Haute-Chaîne, il s’étendait jusqu’au rebord du Revermont.
    Il était encadrée, dans les zones peu élevées, par deux lobes du glacier alpin : Le lobe d’Ornans s’étirait jusqu’au Russey.
  • La glaciation du Würm (max. vers - 20 000 ans) : Moins étendue et moins épaisse, la dernière glaciation est aussi la plus observable (peu démantelée).
    • Dans le Jura : A l’Ouest, elle déployait ses langues glaciaires entre Morteau et Arinthod, englobant Frasne et Champagnole.
      A l’Est, elle buttait sur les plus hauts sommets jurassiens qu’elle ne recouvrait pas.
    • Dans les Vosges : La langue glacière de la calotte vosgienne descendant jusque vers Lure.
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Les glaciers en franche-Comté

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Les glaciers ont largement contribué à l’érosion et au modelage des reliefs jurassien et vosgien :

Au cours de la dizaine de glaciations qu’a subi le Jura, ils ont :

  • raboté et érodé les reliefs de la Haute-Chaîne, en participant à la formation des combes anticlinales.
  • participé à la formation des reculées du plateau de Champagnole.

Dans les deux massifs, les matériaux arrachés aux supports et charriés sur des dizaines de kilomètres, ont été déposés au fil du recul des glaciers :

  • sous forme de moraines (dépôts latéraux ou frontaux en forme de croissant, de cailloux et graviers de toutes tailles),
  • dépôts de graviers et sables dans les deltas glaciaires,
  • dépôts de sédiments fins déposés au fond des lacs glaciaires alimentés par la fonte du glacier,
  • dépôts de rochers pouvant peser plusieurs tonnes : les blocs erratiques.

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Après le retrait des glaciers, des lacs se sont installés ou ont perduré dans les dépressions imperméables. (Mille-Étangs du plateau sous-vosgien, région des lacs dans le Jura)

Certains de ces lacs résiduels se sont comblés peu à peu, formant des tourbières (plateau des Mille-Étangs, dépressions synclinales de la Haute-Chaîne).

Relief jurassien

Le relief jurassien est en place, mais en perpétuelle évolution.

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Relief jurassien type

L’érosion mécanique ou de dissolution continue lentement son œuvre, que l’on peut « observer »

  • dans les dépôts des plaines alluviales après les crues,
  • la modification progressive des méandres des cours d’eau (par travail de sape des rives concaves et dépôts sur les rives convexes)
  • les dépôts des versants par ruissellement, glissement de terrain marneux et éboulis au pied des falaises,
  • les galeries souterraines actives...

Ères Primaire & Secondaire

Voir en ligne : Ages des affleurements et fossiles du JURA (lithothèque - académie de Besançon)


P.-S.

Avertissement : ceci est un raccourci, et ne présente que les grandes lignes de l’histoire géologique de la Franche-Comté.

Pour plus d’informations, consulter le très bel ouvrage de Vincent Bichet et Michel Campy : « Montagnes du Jura », Géologie et paysages - (Néo Editons)