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Gustave COURBET

dimanche 6 février 2005

Peintre français, né à Ornans (Doubs) en 1819, mort à la Tour de Peiltz, près de Vevey (Suisse) en 1877.

Né à Ornans, il fit des études à Besançon tout en suivant les cours d’un élève de David. Il se rendit à Paris vers 1839 pour faire son droit, parut dans l’atelier de Steuben et de Hesse, puis se forma à peu près tout seul en étudiant les coloristes espagnols, flamands (il fera d’ailleurs vers 1846 un voyage en Hollande pour compléter sa connaissance de Rembrandt et de Franz Hals) et français.
Encore indécis dans sa matière, il donna d’abord une Odalisque inspirée de Victor Hugo, et même une Lélia d’après George Sand, sans parler d’une mauvaise Allégorie. Bientôt il abandonna les sujet littéraires et les scènes « à idées ». Se rejetant sur la réalité telle quelle, il montrait, dès 1844, ce qu’il pouvait valoir avec son portrait et celui de son chien, avec son homme à la pipe.
Le jury lui refusa, coup sur coup, plusieurs bonnes peintures. Mais bientôt, la vogue de Courbet naquit, secondée par ses exhibitions particulières, favorisée par des ultras de la critique néo-romantique et réaliste, accrue encore par des colères de l’Académie et des exclusions maladroites. Il fréquente Baudelaire, dont il peint le portrait en 1848, le socialiste Proudhon et Champfleury, qui est le premier à parler de « réalisme » en peinture.

C’est en 1849 que commence pour Courbet la véritable réputation, avec des oeuvres comme l’Après-dîner à Ornans et la Vallée de la Loue. Le salon de 1850-1851 le vit triompher avec l’Enterrement à Ornans, les Casseurs de pierres, les Paysans de Flagey. Ses Demoiselles de village (1852), puis les Lutteurs, les Baigneuses et la Fileuse (1853) accentuaient définitivement la manière de Courbet.

Quand il vit le succès de sa peinture, Courbet ajoute à la gloire de l’artiste celle du théoricien. Il professa l’art démocratique et social. Il prononça des discours, écrivit des dissertations. C’est ainsi que se passa pour Courbet la période de l’Empire, parmi des succès que la Femme à la pervenche, les Demoiselles de la Seine et le Retour de la conférence saupoudrèrent légèrement de scandale.

Si le peintre réaliste, chez lui, n’est pas à dédaigner, et s’il manque, dans l’histoire de l’art, un point tournant dont il faut tenir compte, c’est cependant à d’autres qualités que Courbet doit sa réputation. Le paysagiste, chez lui, est de tout premier ordre. Tout ce qu’il a peint sous l’influence d’un parti pris, malgré la virtuosité et la solidité de sa couleur, est vulgaire, brutal. Mais quand ce robuste paysan dressait son chevalet parmi les paysages de sa chère Franche-Comté, il devenait un maître, et rendait le spectacle qui posait devant lui, avec force et sérénité. Entre toutes ses oeuvres, le Combat de cerfs et la remise des chevreuils sont celles devant lesquelles ont s’arrête le plus volontiers.

Son refus retentissant de la croix d’honneur, offerte par Napoléon III, lui avait valu une popularité qui se traduisit sous la Commune par une élection dans le 6e arrondissement. C’est comme délégué de la mairie du 6e qu’il fut rendu responsable du renversement de la colonne Vendôme, accompli, sinon précisément sur sa demande expresse, du moins sous son patronage. Traduit devant un conseil de guerre en juin 1871, pour usurpation de fonction et destruction d’un monument public, Courbet, quoique défendu par Lachaud, fut condamné à rembourser les frais de ré-édition de la colonne, montant à plus de 300000 francs. Réduit par ces faits à travailler pour le compte de l’Etat jusqu’à la fin de ses jours, Courbet passa en Suisse en 1873. Il est mort à la Tour de Peiltz, d’une maladie du foie que des excès de boisson avaient beaucoup aggravée vers la fin. Une Exposition Courbet fut ouverte en 1882, à l’Ecole des Beaux-Arts.
Après le décès de Courbet, son vieux père et sa soeur Juliette craignaient d’être contraints d’acquitter les frais de reconstruction de la colonne, mais à la suite des démarches faites en leur nom par Castagnary, sur l’intervention de Gambetta, ami de Courbet, et de Jules Ferry, qui allait bientôt être élu Président de la République, le fisc abandonna ses poursuites et les tableaux qui étaient en dépôt chez les amis du peintre pour être sauvés de la saisie furent rendus à la famille.