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Louis PASTEUR

Chimiste, inventeur du vaccin contre le rage et de la pasteurisation

dimanche 6 février 2005

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Louis PASTEUR

Louis Pasteur accoudé devant une fenêtre

Chimiste français, né à Dole (Jura) en 1822, mort à Villeneuve-l’Etang (Val d’Oise) en 1895.

A la fin de ses études, commencées au collège d’Arbois et terminées à Paris, Pasteur fut nommé maître d’études au lycée de Besançon (1840), et trois ans plus tard il fut reçu à l’Ecole normale supérieure. Successivement agrégé des sciences physiques, docteur es sciences (1847), professeur au lycée de Dijon, il était en 1852 professeur de chimie à la Faculté de Strasbourg. Après être resté quelque temps à Lille, il fut enfin appelé comme directeur des études scientifiques de l’Ecole normale (1857). Pasteur était membre de l’académie des sciences et même, de 1887 à 1889, il en fut le secrétaire perpétuel. Il appartint à l’Académie française, à l’Académie de médecine et à diverses compagnies scientifiques étrangères. Pendant la guerre de 1870, il renvoya tous ses titres allemands, « en signe d’indignation contre le massacre de deux grands peuples ». En 1874, l’Asssemblée nationale lui accorda une rente de 25.000 francs réversible sur sa veuve et ses enfants. En 1895, le jubilé du savant fut, à la Sorbonne, l’occasion d’une imposante manifestation scientifique.

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Il est difficile d’envisager dans son ensemble l’immense production scientifique de Pasteur. Ce qui rend merveilleuse l’oeuvre de ce grand bienfaiteur de l’humanité, c’est la puissance de sa méthode expérimentale. Celle-ci fut à ce point rigoureuse qu’il semble que, parti de l’étude de la polarisation rotatoire, Pasteur devait forcément un jour aborder le problème de l’immunité. Au début de ses recherches, il montra en effet que le pouvoir rotatoire est dû à la dissymétrie moléculaire et cette dissymétrie ne lui semble pouvoir être produite que par la vie. Dès lors, entre le sucre et son dérivé, l’alcool amylique, corps dotés tous deux de pouvoir rotatoire et de groupements moléculaires si différents, il imagina qu’il existait un être vivant. Ce fut l’origine de ses beaux travaux sur la fermentation lactique, la fermentation alcoolique, où il démontra que la fermentation est un phénomène déterminé qui se produit par le développement d’un être spécifique. D’où viennent ces êtres, ces ferments ? Peuvent-ils naître spontanément de la matière morte ? Ainsi s’engagèrent les fameuses polémiques sur la génération spontanée. Ses études sur les fermentations lui avaient fait découvrir les milieux de culture ; il en profita pour démontrer qu’un bouillon ne cultivait que si un germe de l’air y avait pénétré.

C’est à cette époque de la vie de ce grand savant que se placent les découvertes des germes de l’air, de la stérilisation, des spores ou oeufs des infusoires, etc... Puis, plus tard, les virus, les vinaigres, les bières lui montrent leurs modes de transformation ; il étudie leurs maladies et donne le procédé pour les en préserver : la pasteurisation. Ses recherches sur les maladies des vers à soie, maladies qui ruinaient le midi de la France, cadrent mal avec ses préoccupations habituelles, mais il les entreprit sus les instances du gouvernement. Il prouva l’existence de deux maladies différentes (corpuscule, mortfiot) et indiqua le procédé qui a sauvé la sériciculture en France. Enfin, Pasteur aborda l’étude des maladies contagieuses qui devait immortaliser son nom. Déjà on savait, avec Davaire, que chez les animaux morts de sang-de-rate (le charbon), on trouvait un organisme allongé, qui semblait être la cause de la maladie. Pasteur montra la spécificité de cette maladie et, après avoir découvert le vaccin par l’examen du choléra des poules, il donna la méthode pour vacciner les animaux contre ce terrible fléau. Enfin, pour terminer une carrière si bien remplie, Pasteur publia en 1835 sa méthode de guérison de la rage.

Les théories pasteuriennes ont accompli une véritable révolution dans l’art de guérir ; elles ont précisé les modes de la contagion et, par suite, indiqué les moyens de l’éviter. Grâce à elles, la chirurgie a pratiqué l’antisepsie, l’asepsie, l’isolement des malades et a pu aborder des opérations jadis toujours mortelles. Si la médecine proprement dite a moins profité des enseignements de Pasteur, elle a pu cependant, par la découverte des substances vaccinantes, atténuer les ravages de la diphtérie et de la rage chez l’homme, du charbon chez les animaux, etc... L’industrie elle-même a vu dans Pasteur un précieux collaborateur : ses méthodes de fermentation ont donné un nouvel essor à la fabrication des bières, des alcools... ; enfin, de nos jours, il semble que les microbes interviennent dans la vie des plantes.

C’est ainsi qu’un homme qui n’était pas médecin est devenu le plus grand des thérapeutes, qu’un homme qui s’est toujours confiné dans ses travaux de laboratoire a transformé l’industrie et l’agriculture du monde entier.

De nombreux ouvrages ont été publiés sur la vie et l’oeuvre de Pasteur, mais il est parmi eux un livre admirable : L’histoire d’un savant par un ignorant, de R. Vallery-Radot, gendre de l’immortel savant.


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